Parce que je m'indigne

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il y a 4 ans 7 mois #764 par Antigone56
Parce que je m'indigne a été créé par Antigone56
Un passeport pour le monde des idées, pour le droit et le devoir de penser par soi-même de refuser l’hypocrisie des courbettes à ceux dont on dépend, voilà ce qu’ont représenté, ensemble, le latin et le grec tels que je les ai abordés, encore enfant. Le hasard d’une famille d’accueil composée d’un écrivain et de la directrice d’un cours privé m’a fait désirer le latin avant que je n’y fusse initiée, en 7ème (oui !) par la très alléchante histoire de fantôme qui ouvrait un livre de textes bilingues. De toute façon, le latin était de rigueur mais on a su me le faire miroiter comme la clé vers un autre univers qu’il est devenu. C’est diablement plus important que « la réussite » qu’on promettait à mes parents, lesquels n’avaient fréquenté que l’école communale, vite quittée, sans doute en pleine illégalité, pour aller au boulot. Ils respectaient le savoir mais sans autre ambition immédiate que de me faire apprendre des langues vivantes. Petit problème familial quand, ayant quitté, à ma demande, une autre école privée où on n’allait pas très vite dans le De viris illustribus (oui, ça date) alors que les lycées, disait le prof, terminaient le volume en fin d’année, j’ai dû choisir une seconde langue. « Toutes » a dit mon père puis, déçu que ce ne soit « ni raisonnable ni même possible, », il a opté pour l’espagnol tandis que je disais résolument « le Grec. Grâce à une directrice intuitive, ce fut le Grec. Je ne l’ai jamais regretté. Adolescente, je connus l’enchantement d’un même prof de Français-latin-grec qui, loin d’être un vieux croûton, faisait constamment le lien entre ces disciplines, comparant les auteurs tragiques, commentait Cicéron et Sénèque autant que Voltaire alors que l’ombre de Socrate planait à chaque fois dans la salle de classe. Je suis devenue, comme l’ont noté des amis de mes parents au cursus nettement plus fourni, « une poule couvée par des canards » j’en ai bavé mais ma vie a été tellement plus intéressante et riche que celle qu’on voulait me fabriquer ! C’est pourquoi j’enrage qu’on prive les plus jeunes de la possibilité de choisir cette voie. Sans être ni prof ni parent de collégien, sans avoir rien à gagner ou à perdre, je veux manifester le 10 octobre. Au moins pour l’honneur.

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