"Génération Y comme upsilon : le latin et le grec contre tous les clichés"

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il y a 4 ans 7 mois - il y a 4 ans 7 mois #136 par Loys

22 avril 2015

Sur le blog "Dans l'univers universitaire..." : "Génération Y comme upsilon : le latin et le grec contre tous les clichés"


Génération Y comme upsilon : le latin et le grec contre tous les clichés

 Cela ressemble au début du sketch de Raymond Devos sur le dernier soupir : 

« Allô Raymond, comment ça va ?

– Très bien, pourquoi ?

– Ça ne fait rien, on attendra ! » 

Les détracteurs des langues anciennes, eux, n’ont jamais eu la patience d’attendre : ils expliquent à tout le monde que le latin et le grec sont enterrés, simplement parce que, dans leur grande maturité, ils ne supportent pas que la réalité ne se conforme pas à leurs désirs. Finalement, fatigués de répéter à un demi-million d’élèves latinistes et hellénistes que plus personne ne veut faire de latin et de grec, ils veulent nous enterrer tout vifs.

Mais il y a plus : à qui est assez faible pour les croire, ils peignent un ragoûtant portrait du latiniste en zombie, ou plus précisément en vieux réactionnaire, ce qui n’est pas beaucoup mieux.
C’est à se demander qui a du mal à s’adapter à la réalité actuelle : nous ou eux. Car les profs de latin et de grec, en France, en 2015, ne sont pas ce que le Ministère se plaît à faire croire.

Latin et grec : cette alliance qui s’ignorait rebelle

Je fais partie de ces enseignants-chercheurs en langues anciennes pas tout à fait trentenaires qui ont toujours connu le latin et le grec sous la forme d’options menacées. Les cours de latin toujours placés à 8h ou en toute fin de journée, j’ai connu.Les cours de grec ancien le mercredi midi, donnés par une prof qui donnait gratuitement l'une de nos heures hebdomadaires afin qu’on ait notre volume horaire complet pour préparer la spécialité grec ancien au Bac, j’ai connu aussi. Rien de tout ça ne nous a démontés. Les petits collégiens qui se sont entêtés et qui ont traversé toute leur scolarité malgré les flèches des clichés et les goulets des réductions d’horaires, c’est nous. Même qu’on serait prêts à le refaire.

D’ailleurs, sur le moment, ça n’avait pas l’air si héroïque. Il suffisait d’écouter un minimum en cours. En échange, nous avons appris peu à peu à nous orienter parmi le dédale des mots d’un texte et à traduire ce texte en reconnaissant, à partir des terminaisons des mots, quelle était leur fonction grammaticale dans une phrase. Nous en avons tiré une capacité d’attention aux mots plus grande, et une meilleure maîtrise de l’articulation entre les mots et les idées, puisque nous passions notre temps à chercher comment rendre telle construction typiquement latine ou grecque par telle autre qui passait mieux en français sans trahir le sens du texte original.Et puis il y avait la civilisation, bien sûr, l’histoire, la vie quotidienne, les mythes. Les deux allaient de pair, la langue et la culture. Quand j’ai pu lire et écrire mes premiers mots en latin, je me suis pris pour un sorcier (et je ne connaissais pas encore Harry Potter). Que dire quand nous avons appris ce mystérieux autre alphabet surgi du fond des âges, l’alphabet grec, et que nous avons commencé à lire des phrases où nous rencontrions quotidiennement Zeus et son keraunos(foudre), les theoi(dieux) et les anthropoi(humains), le Minotauros et beaucoup d’autres ? Pour croire ces enseignements « pas assez ludiques », il faut vraiment ne rien en connaître.

Les détracteurs de ces options les présentent comme réservées aux « héritiers » dont parle Bourdieu.

LIRE LA SUITE : http://univers-universitaire.blogspot.fr/2015/04/generation-y-comme-upsilon-le-latin-et.html

Les utilisateur(s) suivant ont remercié: VIRGINIEPFEIFER

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  • M O Padelidakis
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il y a 4 ans 7 mois #135 par M O Padelidakis
L'article d'Eunostos est vraiment excellent ! Son auteur ne devrait-il pas l'envoyer au Monde de l'Education ou à d'autres journaux ?

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il y a 4 ans 7 mois #137 par VIRGINIEPFEIFER
Merci pour cet article émouvant, vif, subtil et fort, continuons à envoyer ces balles verbales contre le plafond blindé de la désinformation ministérielle qui nous présente justement comme ces 'réactionnaires', pour eux, 'héritier' (de valeurs culturelles), c'est une insulte ... Nous réagissons, nous avons hérité d'une culture dont nous sommes fiers, et exerçons avec autant de fierté le noble métier de la transmettre ! CUM HONORE, FRATRES ! PRO ROMA !

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  • CH
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il y a 4 ans 7 mois #142 par CH
Cqfd. Les critiques se fondent sur l'école qu'ils ont connue, à une époque où il existait des classes de latinistes ou de latinistes-hellénistes et non des groupes auxquels sont connés les pires emploi du temps, ce qui décourage autant que l'ennui des anciens. Malgré cela, nombre d'enfants persistent... Il fallait donc tout le ramdam d'une contre-offensive visiblement orchestrée pour rejeter les amoureux des langues anciennes parmi les réactionnaires ! Se jeter des étiquettes à la figure d'un 'camp' à l'autre ne résoudra pas la contradiction entre les promesses officielles et les textes concernant l'acquisition des connaissances linguistiques et historiques sans lesquelles l'EPI langues et cultures de l'Antiqité serait dépourvu de sens et de véritable contenu !

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