Le compte-rendu de l'audience des associations

Plus d'informations
il y a 4 ans 8 mois - il y a 4 ans 8 mois #36 par Loys
Les associations ont été reçues le 31/03/15.

Le compte-rendu peut-être téléchargé ici : www.aplaal.fr/wp-content/uploads/2015/04...ars2015-complet2.pdf

Voir ici également : avenirlatingrec.fr/actualite/les-reactio...iations-au-ministere

Connexion pour participer à la conversation.

Plus d'informations
il y a 4 ans 8 mois - il y a 4 ans 8 mois #37 par Loys
Quelques observations rapides :

Les associations ont ensuite abordé les points qu'elles avaient prévus pour l'audience. Elles ont en premier lieu remis le texte de la pétition, et précisé qu'au même moment, elle atteignait plus de 20.000 signataires en à peine une semaine - elle avait été lancée le 24 mars à 20h.

Les associations pouvaient préciser qu'une autre pétition spontanée de professeurs de lettres classiques avait précédé celle des associations. Elle atteint à ce jour plus de 31.000 signataires.

- Quel financement réel est prévu pour les enseignements complémentaires ? (à l'heure actuelle, il n'est pas du tout prévu : on voit donc mal comment un enseignement non financé pourrait être offert à tous).

La réponse n'a pas tardé : ces EC sont pris sur la marge permettant de faire de petits groupes.

- Le MEN compte-t-il montrer sa volonté affirmée de généraliser l'enseignement LA pour tous dès la rentrée 2015, en écrivant un texte pour soutenir les sections existantes de latin et de grec ? En effet, la rentrée 2015 s'annonce comme très problématique : les horaires-plancher ne sont pas respectés, des « enseignements d'exploration » de lycée sont supprimés. Nous demandons une circulaire mettant fin aux suppressions, et imposant le respect des horaires réglementaires là où les langues anciennes sont proposées.

C'est en effet une belle contradiction.

Agathe Cagé écrit: Sur les 8 EPI, deux ont statut à part : langues anciennes et langues régionales, avec séparation pour ces EPI entre l'étude de la langue en tant que telle, et d'un autre côté des pratiques interdisciplinaires. On garantit la continuité des enseignements avec ces EPI à part.

Donc l'enseignement du latin ou du grec ancien ne voit absolument pas son horaire garanti puisque l'horaire pour la langue se trouve gravement amputé : la moitié du temps en 5e, et le tiers en 4e et 3e. On observe par ailleurs un cloisonnement dommageable pour l'enseignement du latin, à rebours de la volonté d'interdisciplinarité.

Cela signifie également que les EPI LCA n'ont pas vocation à être attribués à des professeurs de lettres classiques ni même de lettres.

Il y a eu recherche, dans le cadre du dialogue social, de la meilleure organisation possible pour le collège. Pour les langues anciennes, la justification est que le passage du collège au lycée, avec une forte diminution des effectifs, interrogeait. Est-ce la faute des élèves qui ne continuent pas ? Se pose la question de l'attractivité de ces matières.

Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet...

A. Cagé réaffirme la dimension culturelle et l'étude de la langue en tant que telles d'où le nombre d'heures offertes pour l'élève, qui reste équivalent.

Non.

Tout cela va être traduit en droit avec des arrêtés. L'horaire est donc garanti : l'enseignement de l'EPI a vocation à être suivi par plus de 15% des élèves, tourné vers la culture et la civilisation. S'ils le veulent, ils auront un complément de langue.

Pour quoi l'intitulé "LCA" en ce cas . Où sont les "langues" de l'antiquité ?

La langue devient donc un simple "complément" d'EPI. Son horaire n'est en rien garanti : l'EPI doit préexister, l'EC doit être décidé par les équipes au détriment de petits groupes, l'horaire de l'EC est "dans la limite" d'une ou deux heures, l'horaire de l'EPI n'est aucunement fixé nationalement.

Nous intervenons pour dénoncer cette hiérarchisation (l'enseignement complémentaire dépendant du suivi de l'EPI)...

Effectivement, sans parler de l'aberration pédagogique que cet attelage constitue.

On nous répond que dans les enseignements complémentaires, un programme sera précisé pour la langue.

C'est une information importante.

Mais comme ces EC n'étaient pas prévus au départ, de fortes inquiétudes pèsent sur ce programme créé in extremis pour un horaire réduit et non garanti ("dans la limite").

Au niveau du CSP, il a été demandé d'introduire dans le français des éléments de langue latine et grecque pour un travail plus poussé sur l'étymologie et les règles de grammaire. Il ne s'agit pas d'une initiation aux langues anciennes, mais de quelques éléments favorisés.

Les horaires de français étant déjà très réduits, on ne peut que s'interroger sur cette volonté d'alourdir le programme. Cet alourdissement ne peut être par ailleurs considéré comme un substitut même partiel de l'enseignement d'une langue ancienne.

En ce qui concerne le grec, A. Cagé affirme que le cumul étant possible actuellement, il n'y a aucune raison pour qu'il ne le soit pas dans la réforme.

Il faut donc prévoir deux EPI, latin et grec ancien, et non un seul LCA

A. Cagé donne un exemple : 50% des élèves veulent un EPI LCA. 15% prennent le complément latin. Ce point est important : ils peuvent suivre l'EPI sans le complément, donc il y aura davantage d'élèves initiés aux LCA qu'actuellement.

Cette "initiation" ne le sera en aucune façon d'une langue ancienne et correspondra tout simplement à la partie antiquité des programmes d'histoire, que les professeurs d'histoire enseigneront sous la forme d'EPI.

Nous soulevons alors un problème : il faut suivre l'EPI pour bénéficier de l'enseignement complémentaire ? On nous répond par l'affirmative : sinon on n'obtient pas les horaires 2/3/3 actuels.

Confirmation donc : pas d'EPI, pas d'enseignement complémentaire... L'apprentissage du latin devient conditionnel.

On nous donne un exemple ; les élèves ont par semaine 3h EPI + 1h accompagnement (pour une dotation de 4h, cf fiche 3 (v2), et deux EPI par an, cf fiche 1 (v2); on peut imaginer qu'ils fassent un seul EPI par semestre, à raison de 3 h par semaine, puis arrêter pour passer à l'autre EPI.

Nous réagissons sur les graves inégalités que vont créer ces dispositifs, sur leur mise en place très difficile dans les établissements et au niveau des emplois du temps en particulier ; la continuité de l'enseignement n'est pas assurée. D'un point de vue pratique et pédagogique, le système proposé est inapproprié.

Effectivement.

Nous rappelons que l'ensemble de notre enseignement part de la langue, et que le MEN n'a pas compris notre spécificité. Nous voulons donner accès aux textes et à la pensée par la langue.

C'est effectivement essentiel.

Nos interlocuteurs répondent que dans leur esprit, il est question de rendre les LCA attractives, on nous dit même « sexy ».

Des LCA sans langue, c'est effectivement plus "sexy".

Nous réagissons en dénonçant un propos déconnecté de la réalité du terrain et en parlant de présupposé incroyable, puisqu'on ne peut déjà pas honorer les nombreuses demandes des élèves, que souvent les chefs d'établissement ou les rectorats refusent. Nous posons la question : si les mathématiques étaient optionnelles, attireraient-elles plus de 20% des élèves ?

De fait.

Le MEN nous demande en quoi la place des langues et cultures de l'Antiquité dans un EPI est gênante. Auraient-elles une telle spécificité qu'il faudrait les en sortir ? Il y a peu d'EPI, donc une vraie place leur est faite.

Les EPI sont des modalités de travail (pratiques avec un projet) d'autres disciplines. Vouloir mettre sur le même plan de vraies disciplines avec elles, c'est nier leur statut de disciplines.

S'il y a un EPI seul, et pas d'enseignement de langue, il est vraiment curieux d'appeler un EPI « Langues et cultures de l'Antiquité » (LCA) sans y mettre de langue...

Voilà...

Le MEN affirme que les équipes feront des choix. Demain, les établissements qui proposent actuellement latin et grec les proposeront toujours. Le ministère veut donner une marge de manœuvre qui n'existe pas actuellement dans le processus d'accompagnement et de suivi des élèves.

Une marge de manœuvre au détriment de l'enseignement des langues anciennes, notamment dans les établissements les plus difficiles. Désolé : ici les élèves sont trop en difficulté, nous avons besoin de petits groupes : nous ne proposerons pas de langues anciennes.

On nous répond que des moyens seront donnés. A. Cagé affirme que cette réforme se donne les moyens de sa mise en œuvre : il y aura 115h pour un cursus de collège en 2017, 4000 postes seront créés, ce sont des moyens nouveaux faisant partie des 54000 postes supplémentaires annoncés dans la loi de refondation.

Ces postes correspondaient peu ou prou, dans la première version du projet, aux options supprimée

E. Tournier indique que cette égalité est trompeuse : même avec des horaires nationaux, les heures d'enseignement reçues entre la 6e et la 3e varient de 110 à 128 actuellement, du fait de l'existence d'options non réglementaires (classes bilangues, classes euro, etc). Le MEN veut donner de l'autonomie mais cadrer, avec une enveloppe claire dont on donne les modalités de calcul. Le but est d'atteindre 112,5 h de moyenne partout (et 117,5 avec compléments), en supprimant les dispositifs excédentaires. Ce qui doit être garanti est le socle commun.

L'égalité, ce n'est donc pas l'égalité devant le choix possibles de suivre en plus l'enseignement d'une langue ancienne.

Nous dénonçons le fait que les établissements sans problème vont renforcer les inégalités car eux mettront en place des dispositifs visant à assurer le maximum d'enseignement.

Evidemment.

A la suite des réponses apportées à nos questions, nous souhaitons montrer au cabinet que nous avons réfléchi et pris en compte les déclarations de la Ministre ; nous remettons nos propositions d'enseignement du latin et du grec dans la réforme du collège (cf tableau en annexe) :

- Nous souhaitons rester dans les EPI...

C'est à mon avis une erreur : le latin (ou le grec) ne doit pas être un EPI (pratique+ interdisciplinaire) mais doit être proposé parallèlement aux EPI mais comme un enseignement spécifique, avec un horaire correspondant à l'horaire actuel.

Rappelons surtout que l'horaire des EPI est pris sur une autre discipline : par exemple le français si l'EPI est consacré au latin !

...nous marquons ainsi notre volonté de prendre encore une fois une place importante dans la réforme, mais sans monopoliser les 3 années du cycle : nous proposons un seul EPI LCA en 5e, obligatoire pour tous, qui doit être cumulable avec l'EC - enseignement complémentaire - latin.

Proposition intéressante : mais il ne s'agit plus d'un EPI à proprement parler. Et il ne faut absolument pas parler de LCA : cet enseignement doit correspondre à du latin ou à du grec.

Nous attendons donc, dans l'immédiat, des engagements fermes pour la rentrée 2015, premiers signes de la volonté sans faille de la ministre d'ouvrir à tous l'étude des langues anciennes, comme elle l'a assuré devant la représentation nationale.

Voilà qui permet en effet de montrer que le souhait de démocratiser les langues anciennes est purement tactique.


- notre demande d'horaires réglementaires hors « marges professeurs » ne semble pas reçue : les disciplines devront s'arracher mutuellement les maigres moyens alloués aux EPI et à l'aide individualisée, ou soustraits aux matières.

Les associations ne semblent pas avoir compris que les EPI ne sont pas des moyens en plus.

- La baisse du nombre de latinistes et hellénistes lors du passage de collège en lycée est imputée aux élèves, sans que les causes véritables et administratives en soient analysées (manque de sections de latin ou grec dans le lycée de secteur, concurrence entre options des enseignements d'exploration, surcharge horaire volontaire provenant de l'interdiction d'enseignement d'exploration de langue ancienne au profit d'une option facultative (+ 1,5 h de cours), fermeture de sections).

Ajoutons que les langues anciennes ne sont pas proposées en LP...

Le manque d'appétence des élèves, leur « ennui » sont mesurés, d'après la brochure sur le collège « Mieux apprendre pour mieux réussir », par une enquête de l'AFEV, association privée d'étudiants, alors que les services de la DEPP (Direction de l'Évaluation, de la Prospective et de la Performance), organisme public et outil du MEN, ont la possibilité d'une approche mathématique, statistique et sociologique plus fiable de l'école.

Effectivement...

Les options, en tant qu'elles sont choisies par une grande partie des élèves, sont d'ailleurs la preuve vivante que cet "ennui" doit être relativisé.

Celles-ci confirment tout à fait nos craintes, et prouvent que l'audience, fondée à dessein sur des documents devenus dans l'heure et à notre insu obsolètes, était de pure forme.

...

Connexion pour participer à la conversation.

Plus d'informations
il y a 4 ans 8 mois #42 par Loys
Un synopsis :

Connexion pour participer à la conversation.

Temps de génération de la page : 0.153 secondes
Propulsé par Kunena