22 avril 2015

François Jarraud dans le "Café pédagogique" : "Collège : Progressistes contre conservateurs ?"

Collège : Progressistes contre conservateurs ?

La réforme du collège est-elle de gauche ? Pour N Vallaud-Belkacem la réponse est affirmative. Et les opposants à la réforme sont forcément de droite. Face à une intersyndicale réunissant des syndicats aux conceptions politiques opposées, la ministre met le doigt sur la faille.

C'est ce qu'elle explique dans un entretien donné au Point. " Tout le monde est d'accord pour déplorer les faibles résultats et les inégalités qui se creusent au collège. Mais lorsqu'il s'agit d'offrir à tous les collégiens les mêmes perspectives de réussite et donc de tirer tout le monde vers le haut et pas seulement quelques-uns, on nous parle systématiquement de "nivellement par le bas". Alors, oui, ces débats le confirment une fois de plus : il y a bien une différence essentielle entre les progressistes et les conservateurs. Les premiers combattent les inégalités quand les seconds en théorisent la nécessité", dit-elle.

La ministre prend en exemple le latin. " Non, la réforme n'enterre pas le latin. Bien au contraire. Là où il n'est aujourd'hui qu'une option (c'est-à-dire des heures de cours en plus), proposée par quelques établissements, choisie par très peu d'élèves (20 %) qui pour la plupart l'abandonnent au lycée, nous en faisons un enseignement pratique interdisciplinaire (ce qui signifie à la fois étude de la langue mais aussi de la culture et de la civilisation) présent dans la scolarité obligatoire. Cela va contribuer à démocratiser cet enseignement".

La posture prise par la ministre peut à première vue sembler maladroite. Politiser les questions pédagogiques ce n'est pas forcément rendre service à l'école. Les effets des choix pédagogiques de la réforme n'ont pas été sérieusement évalués en général et encore moins vers les publics populaires. Et l'argument peut être retourné contre une administration qui ne semble même pas capable d'assurer la présence d'enseignants dans toutes les classes des quartiers prioritaires alors qu'elle finance largement les filières de l'élite sociale.

Il y a pourtant une détermination réelle de la ministre sur ce terrain. La réforme s'attaque bien aux éléments utilisés par les familles pour contourner la carte scolaire. Et le gouvernement s'est donné avec le décret sur les nouveaux secteurs des collèges une arme qui pourrait être efficace si les collectivités locales le veulent. Mais les propos ont une utilité plus immédiate.  Aux prises avec une intersyndicale qui réunit syndicats de gauche avec un syndicat marqué à droite, la ministre gratte les failles.

François Jarraud



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #126 il y a 4 ans 6 mois
J'aimerais bien savoir comment le latin ou le grec ancien permettent aujourd'hui de "contourner la carte scolaire"...
Mayou a répondu au sujet : #131 il y a 4 ans 6 mois
Pourrions-nous avoir des précisions -chiffrées si possible - sur ces fameux "quelques établissements" qui proposent le latin ou le grec ? A ma connaissance, les langues anciennes, ou tout au moins le latin, sont proposées dans une majorité de collèges - à TOUS les élèves entrant en 5e pour ce qui concerne le latin. Quant aux 20 % de latinistes ou hellénistes ils représentent tout de même 433 000 élèves de collège. Presque un demi million !