12 avril 2015

"Le Figaro" : "Bayrou trouve «dégueulasse» la suppression du latin et du grec au collège"

 

Bayrou trouve «dégueulasse» la suppression du latin et du grec au collège

 

LE SCAN POLITIQUE - La réforme du collège présentée par Najat Vallaud-Belkacem est conspuée par le président du MoDem.

La réforme du collège présentée par Najat Vallaud-Belkacem provoque la colère d'un de ses prédécesseurs. François Bayrou, locataire du bureau de la rue de Grenelle entre 1993 et 1997, tire contre la remise en cause de l'apprentissage du grec et du latin au collège. Invité du Brunch politique de Sud Radio, le président du Mouvement démocrate a fustigé une décision «criminelle», «dégueulasse», qui «porte atteinte» et constitue «un déni».

«C'est un déni d'égalité des chances. C'est une attaque frontale contre le caractère de promotion sociale de l'école qui permet à certains enfants d'échapper au poids des difficultés familiales, des milieux d'origine», a lancé le maire de Pau. C'est lui, lorsqu'il était ministre de l'Education nationale, qui avait développé l'apprentissage du latin et du grec au collège.

«Conservation des privilèges»

«Ce qui fait la différence de reconnaissance, d'influence entre deux personnes du même âge et de la même origine, c'est la langue», a-t-il insisté. «La connaissance s'exprime au travers d'une langue et d'ailleurs la connaissance se reçoit au travers de la langue. Il n'y a rien de plus précieux pour recevoir une langue, pour découvrir une langue, pour savoir ce que les mots veulent dire, pour être respecté, que d'apprendre que les langues ont une histoire, qu'elles ont des racines», a jugé le centriste.

François Bayrou s'inquiète des conséquences d'une telle réforme: «pour quelqu'un qui vient d'un milieu socialement, culturellement, moins favorisé que les autres, comment on le sort de l'ornière?» «La décision qui a été prise par le gouvernement elle est très simple: désormais ces enseignements précieux, ces clés qui ouvrent les portes, seront réservés aux seuls privilégiés, aux leçons particulières et aux établissements privés», s'est désolé l'ancien ministre.

Le président du MoDem cite cette réforme pour illustrer sa prise de distance avec François Hollande, qu'il avait soutenu en 2012: «C'est une décision qui fait que ce gouvernement trahit l'espoir que les Français avait mis en lui». Et de conclure: «Les gouvernants ce font les relais de la conservation des privilèges».