19 mai 2016

 Un an après le décret de la réforme du collège, un anniversaire lugubre pour les langues anciennes : 99 candidats seraient admissibles pour 230 postes mis au concours (source SNES). D'ores et déjà 131 postes ne seront pas pourvu, soit au moins 57% des postes.

13 mars 2016

Capture

Pourquoi ce billet ? En 2015 l'enseignement des langues anciennes subissait le coup le plus terrible depuis sa transformation en option : il devait tout simplement être englouti dans d'autres disciplines, sans plus d'horaire ni de programme, bref disparaître.

Certains, parce qu'ils en étaient en partie responsables (il ne fait aucun doute que les langues "anciennes" - par définition - ne peuvent que s'opposer au "progrès" scolaire), se sont alors activés pour applaudir cette disparition, avec parfois une tartufferie ou une obscénité sidérantes.

24 décembre 2015

thermomix

La mode est au « tout en un » : les émissions culinaires, particulièrement vivaces dans les médias ont popularisé les usages de merveilleux robots, capables de tout faire, hacher, touiller, monter en neige, pétrir, cuire, et autres merveilleux usages[1].

7 décembre 2015

Goya

De l'application concrète de la réforme

La mise en œuvre de la réforme du collège 2016 témoigne, par sa confusion généralisée, du caractère improvisé autant que l’abandon du caractère national des enseignements. S’agissant des langues anciennes, les directions sont à ce point contradictoires qu’il est évident que la réforme n’a aucun sens.

Puisqu’on ne lit rien dans la presse sur l’application très concrète de cette réforme censée « démocratiser » les langues anciennes, à nous de proposer une première synthèse en cette fin d’année 2015 : celle-ci est édifiante.

25 novembre 2015

De nombreux collègues de lettres classiques se voient actuellement sommés, dans le cadre de la mise en place de la réforme, de proposer des EPI LCA, voire de prendre toutes les classes de français d'un niveau pour inclure l'EPI LCA dans leur horaire de français, sous peine de ne pas permettre l'existence de l'enseignement de complément en latin ou en grec ancien. Il n'y a pourtant aucune nécessité à cela, contrairement aux affirmations de la DGESCO et de nombreux IPR dans les formations qui se déroulent actuellement.

28 octobre 2015

Après une étude du CNESCO en mai sur l’absence de mixité sociale à laquelle contribueraient les langues anciennes dans les collèges, une étude de la Cour des comptes en septembre fustigeant le coût exorbitant de ces options pour la Nation, voici qu’une étude de la DEPP (l’organe statistique du Ministère de l'Éducation nationale), portant sur les cohortes d'élèves latinistes en 2007, vient ˗ à point nommé ! ˗ pour achever l’enseignement des langues anciennes.

27 octobre 2015

20151027

Si la DGESCO envisage, comme nous l'avons montré hier, des enseignements pratiques interdisciplinaires différents selon les élèves d'une même classe (latinistes ou non latinistes par exemple), se pose dès lors une question supplémentaire : puisque chaque EPI doit traiter une partie du programme des disciplines qui y contribuent, par quel miracle pédagogique est-il possible de traiter ces mêmes parties de programmes dans des EPI différents, sur des thèmes distincts ?

26 octobre 2015

On avait déjà compris que le "latin pour tous" contrastait étonnamment avec la restauration précipitée d'une option (pardon : un "enseignement de complément"). Mais du moins restait-il, pour tous les élèves, le fameux EPI LCA (enseignement pratique interdisciplinaire langues et cultures de l'Antiquité). Un enseignement qui n'aurait certes pas grand chose à voir avec celui du latin ou du grec ancien, puisque pris sur d'autres disciplines du tronc commun et ayant peu de chances de durer plus d'un an.

Mais c'est un curieux document, daté du 23 septembre 2015 et extrait d'un diaporama "ESEN - DEGESCO" (pour la formation des chefs d'établissements, donc), qui nous apprend que finalement, il est tout à fait possible que l'EPI LCA lui-même ne concerne pas tous les élèves.

20151026 exemple alignement EPI LCA

23 octobre 2015

20151023

Mes chers collègues,

Dans tous les collèges de France, votre hiérarchie vous somme – pour que l’enseignement du latin ou du grec ancien ne disparaisse pas en 2016 dans votre collège –, de participer à la mise en place de la réforme. On conditionne cruellement l’« enseignement de complément » à l’existence d’un enseignement pratique interdisciplinaire de langues et cultures de l’Antiquité.

14 octobre 2015

20151014 circulaire

C’est une étrange circulaire du groupe lettres de l’Inspection générale de l’Education nationale, pour la mise en place des nouvelles modalités d’enseignement des langues anciennes dans la réforme du collège, que l’on peut télécharger sur le site de l’académie de Grenoble.

La circulaire se veut d’abord rassurante, notamment à propos de l’option finalement recréée. « Ces enseignements bénéficieront d’un programme » et « les professeurs de lettres classiques prennent en charge cet enseignement » : quelle chance !

A écouter ici.

Aujourd’hui, j’ai mal. Je me sens vide. Vidée. Lessivée. Inutile.

Je ne contrôle plus cette angoisse jusque là sourde. Elle déborde et obscurcit chacune de mes nuits, chacune des minutes que je ne passe pas à m’affairer à ce quotidien professionnel qui ronge ma vie comme un chancre.

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