28 novembre 2018

20181129 capes

Le ministre, récusant toute régression au baccalauréat (disparition estivale du bonus, prise en compte quasi-nulle de l'option dans l'examen) s'était présenté, le 1er octobre 2018, comme le « défenseur absolu des langues anciennes » : deux mois, plus tard, avec la publication de l'arrêté du 23 novembre 2018 des postes ouverts dans les différentes disciplines, on peut mesurer ce qu'il en est de ce volontarisme.

La baisse générale du nombre de postes au CAPES est de 6% : la chute est d'autant plus spectaculaire en lettres classiques : elle ne fait que suivre la baisse tendancielle du nombre de candidats et d'admis (seulement 80 candidats admis pour 183 postes mis au concours en 2018).

Il est également à noter que le nombre de postes mis au concours en 2019 en lettres classiques est le plus faible depuis trois décennies au moins (cf graphique supra).

On ne peut évidemment voir dans cette tendance lourde et en phase d'accélération - et ce, malgré les dénégations des majorités successives - que l'effet recherché par les réforme du collège et désormais du lycée : l'extinction programmée de l'enseignement des langues anciennes en France. Signe de cette extinction : après quelques hésitations, la discipline "lettres classiques" est désormais présentée elle-même comme une simple option : "lettres option lettres classiques" appelée à disparaître.

Rappelons ce que déclarait, rassurant, le ministre il y a deux mois :

Il n’y a aucune inquiétude à avoir. Depuis mon arrivée, nous menons au contraire une politique extrêmement volontariste. Car ce qui se joue avec les langues anciennes, c’est notre capacité à avoir des racines et des ailes.

@loysbonod