18 septembre 2018

20180918 simulation

"Les humanités au coeur de l'école" : ainsi s'intitulait un rapport remis au ministre, très attaché - paraît-il - à l'enseignement des langues anciennes, au début de l'année 2018.

La suite de l'année 2018 a montré la portée de cet attachement avec la nouvelle place des langues anciennes dans le nouveau baccalauréat 2021.

Prenons le cas très concret d'un élève standard ayant des résultats dans la moyenne du baccalauréat (13,5 dans toutes les autres disciplines et 16 en latin ou en grec ancien) et simulons l'évolution dans l'ancien et dans le nouveau bac avec des résultats comparables.

Bac général actuel

Les candidats de langue ancienne passent une épreuve terminale : les points supérieurs à la moyenne sont multipliés par trois.

Exemple : un élève ayant obtenu la note de 13,5/20 dans toutes les autres épreuves et de 16/20 à l’épreuve de latin ou de grec ancien voit sa moyenne au bac passer de 13,5/20 à 14/20.

Avec trois heures de langue ancienne par semaine pendant trois ans au lycée (près de trois cent heures de cours en plus) et un très bon travail dans cette discipline, la moyenne au bac augmente de 3,5 %.

Nouveau bac (à partir de 2021)

Les options ne seront plus prises en compte que dans "la moyenne de l'évaluation des résultats de l'élève au cours du cycle terminal", laquelle représente 10 % de la note de bac.

Exemple : un élève ayant, pendant l’année de première et de terminale, une moyenne en classe de 13,5/20 dans toutes les autres disciplines et de 16/20 en latin ou en grec ancien et ayant obtenu une moyenne de 13,5 dans les épreuves finales et dans les épreuves communes du cycle de terminale, verra sa moyenne au bac passer de 13,5/20 à 13,52/20.

Avec trois heures de langue ancienne par semaine pendant trois ans au lycée (près de trois cent heures de cours en plus) et un très bon travail dans cette discipline, la moyenne au bac augmente d’un millième (0,1%).

Il est urgent de mettre le ministère face à ses contradictions.

Loys Bonod