4 juin 2017

On se souvient que l'Association des enseignants de français (AFEF) avait considéré en 2015 que "les EPI sont une excellente opportunité" pour l'enseignement du français. Dans sa Lettre de juin 2017, l'AFEF réagit à certaines déclarations du ministre : "La Lettre de l'AFEF n° 71".

Extrait :

Liberté de choisir le latin et le grec… Liberté de rétablir les classes bilangues. Bref rappel, le latin et le grec ont continué à être enseignés comme enseignement de complément, pas seulement dans l’EPI « Langues et cultures de l’Antiquité ». Et des classes bilangues ont été maintenues, bizarrement de manière très inégalitaire selon les Académies ! Or, quand on parle du latin-grec et des classes bilangues, est-ce bien « l’argument de l’égalitarisme qui a fondé (leur) disparition » comme le soutient Jean-Michel Blanquer ? N’est-ce pas plutôt l’argument de l’équité que soutenait la précédente Ministre ? Supprimer ce qui sert à ceux qui ont déjà beaucoup pour donner à ceux qui ont moins…
 

Alors, puisque notre Ministre prétend privilégier « l’attention aux plus fragiles » et « faire vivre le nouvel optimisme français », prenons-le aux mots. Soyons pragmatiques, à notre tour.

-       Restaurons les classes bilangues, mais dans les zones les plus fragiles, les zones géographiques oubliées, rurales ou urbaines, où leur implantation ferait une vraie différence. Réorganisons-y aussi l’enseignement du latin et du grec. Dans les zones socialement privilégiées, les parents sauront toujours quoi faire pour que leurs enfants apprennent les langues et les humanités. Ainsi, ces éléments différentiels auxquels nous aurons redonné un peu d’espace, de liberté, pourront-ils jouer leur rôle non pas égalitaire, mais équitable.

Notre commentaire : la réforme du collège 2016, soutenue par l'AFEF, a précisément eu pour résultat de réduire l'enseignement des langues anciennes dans l'éducation prioritaire : la marge y est en effet consacrée en priorité à des demi-groupes dans d'autres disciplines.