24 octobre 2015

L'éditorial de Roland Hubert (cosecrétaire général du SNES) dans l'US : "Petits arrangements et mensonges"

Vous posez des questions concrètes sur la mise en oeuvre de la réforme du collège ? Les réponses institutionnelles restent évasives, du « ne vous inquiétez pas, rien ne change » au « il y aura du latin partout ». S'agit-il de mensonges aux personnels puisque le principe de la réforme est justement de bouleverser les pratiques et les contenus enseignés ? Ou, au contraire, le mensonge est-il à venir, en direction de la Nation puisque cela conduirait à ne pas appliquer la réforme et à s'arranger à l'interne de chaque établissement, au nom de l'autonomie sans doute. Vous refusez de vous voir imposer des réunions ou des temps de présence dans l'établissement ? Un chef d'établissement, un DASEN ou un recteur vous expliquera doctement que vous devez effectuer 1607 heures par an. Mensonge de nouveau, puisque le décret de 2014 définissant nos obligations de service, dans ses visas, fait référence aux textes statutaires et réglementaires précisant le caractère dérogatoire de nos obligations de service.

Quand l'action politique ou la « gouvernance » d'un établissement repose sur ces bases de la généralisation du mensonge, de l'arrangement entre amis, du déni de la réalité, que reste-t-il de l'État de droit dans lequel nous vivons ? Quand un gouvernement occulte et fustige la parole des citoyens, des salariés tout en prônant le « dialogue social », que reste-t-il des valeurs de la République dont pourtant il se gargarise en permanence ?

L'École, par nature, ne peut s'inscrire dans de telles logiques... et pourtant !