31 août 2015

Sur le blog "Focus Campus" du "Monde" : "Bernard Ramanantsoa (HEC) : « J’ai exercé un très beau métier »"

Extrait :

On parle beaucoup, depuis plusieurs mois, de la réforme du collège, et de la baisse - supposée - du niveau dans l'enseignement secondaire, où sont formés vos futurs élèves. Qu'en pensez-vous ?

 

Le citoyen lambda se sent un peu perdu avec cette réforme. Le vrai sujet, c'est le niveau des élèves. Il existe un risque réel de baisse du niveau, en moyenne. Mais le risque principal est que le fossé se creuse entre les meilleurs et les autres. Sans un investissement massif de la société dans l'éducation, c'est un problème impossible à résoudre.

 

Vous avez étudié le latin et le grec au lycée. Que vous inspire la remise en cause de l'enseignement de ces langues anciennes ?

Personnellement, le latin, et encore plus le grec, m'ont beaucoup appris - en particulier le sens de la nuance, de la précision des mots. Mais il ne faut pas se demander "à quoi ça sert". C'est comme les maths : les équations différentielles ne servent pas à grand-chose dans la vie quotidienne. Mais c’est mal poser le problème. L'éducation, ce n'est pas seulement apprendre des choses utiles : c'est aussi s'ouvrir l'esprit à d'autres domaines, d'autres modes de pensée - ce qu'on appelle la culture. Le latin et le grec répondent à ce second objectif.