11 mai 2015

Christophe Chartreux sur son blog : "Collège 2016... Les débats de la honte..."

 

Extrait :

En France, à l'occasion de la réforme "College 2016", j'ai cru, sans doute naïvement, qu'on allait parler de ce qui suit:

 

- A la rentrée 2014, on a compté 15,8% de fils d’ouvriers qui arrivaient avec du retard au collège alors qu’ils n’étaient que 3,4% de fils de cadres.

 

- Toujours à la rentrée 2014, les fils d’ouvriers étaient 28,2% à avoir du retard à leur entrée en troisième contre 10,2% des fils de cadres. Si l’on prend les enfants d’inactifs, on atteint 41% pour les garçons et 35% pour les filles. Et ça ne vous interpelle pas ?

 

- Dans la même veine, le ministère de l’Education estime que parmi les «décrocheurs» qui sortent sans diplôme du système scolaire et qui risquent d’être voués, ensuite, à la précarité, 34% ont un père ouvrier, 31% un père employé et moins de 10% un père cadre supérieur ou ayant une profession libérale. Ca ne vous interpelle pas ?

 

- L’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement en Europe) a été l’une des premières à tirer la sonnette d’alarme : la France est, parmi les pays développés, celui où l’origine socio-économique pèse le plus dans la réussite des élèves.

 

- Si l’on prend la dernière étude Pisa (tests sur des élèves de 15 ans, ndlr) de 2012, 22,5% de la différence de performance des élèves en maths s’explique par leur milieu socio-économique contre 15% en moyenne dans l’OCDE. Parmi les 65 pays et économies qui ont participé à l’étude, seuls 7 dépassent les 20% : outre la France, la Bulgarie, le Chili, la Hongrie, le Pérou, la Slovaquie, et l’Uruguay.

 

- En France, toujours selon Pisa 2012, la différence de score en maths entre les élèves, selon qu’ils sont de milieu favorisé ou pas, est de 57 points contre 39 points en moyenne dans l’OCDE. C’est la plus grande différence de tous les pays de l’OCDE.

 

Extrait de l'article de Véronique Soulé dans les Cahiers Pédagogiques (voir le blog ou le site des Cahiers)

 

Et bien pas du tout. On ne parle pas de ça. Il ne faut pas parler de ça. C'est indécent de parler de ça. Non...

 

En France, on préfère passer des heures, des journées entières, consacrer des articles, des éditoriaux, des émissions de télévision et de radio à évoquer d'autres problèmes:

 

- les "fondamentaux" dont la France est DEJA championne d'Europe en temps passé sur le Français et les Maths. Mais si on pouvait en mettre encore plus, à la limite éliminer tout le reste pour ne plus faire que ça, on le ferait! [...]

- la place des lettres classiques qui, si elles étaient "abaissées", remisées au rang des EPI, mélangées au "servum pecus", perdraient tout son intérêt (lequel exactement?). J'ai lu de grands intellectuels affirmer sans rire que le français y perdrait son âme. Que maîtriser la grammaire était impossible sans la parfaite connaissance des déclinaisons et conjugaisons latines. Que n'impose-t-on le latin dès le CP? Latin et grec, je le dis avec force, que je sais en danger depuis des années, sont remis en lumière par la réforme.