19 mars 2015

Sur le blog de Christophe Chartreux : "Vive le latin! Vive le grec... Pour toutes et tous..."

 

Vive le latin! Vive le grec... Pour toutes et tous...

Jacqueline de Romilly a rejoint Aristophane, Sophocle et Thucydide... C'était il y quelques années...

Sans doute est-elle plus heureuse en leur compagnie tant elle a souffert de la défaite des Humanités en France... Défaite ancienne, lente et aux multiples causes... A relativiser dans certains cas... Le temps me manque pour développer...

Cette disparition -mais disparaît-on totalement quand on laisse une oeuvre?- m'inspire ces quelques réflexions, trop rapides sans doute.

Oui Madame de Romilly avait raison d'hurler à la mort annoncée des lettres classiques. Comme les professeurs d'allemand ont raison aujourd'hui d'avoir peur de la disparition lente mais inéluctable de l'enseignement de la langue de Goethe.

Ces deux matières ont en commun d'être infectées poutant d'un terrifiant virus. Le grec -plus encore que le latin- et l'allemand, tout le monde le sait et en premier lieu les parents "bien informés", ont servi, servent encore, d'outils puissants pour contourner la carte scolaire (qui n'a en rien véritablement disparu) et ont toujours été présentés comme des matières dites "nobles" contrairement aux autres. A tel point que les Lettres Modernes furent longtemps considérées en parents pauvres par les Lettres Classiques. Ayant fait les deux, je peux en témoigner...

Cet élitisme -ce n'est en aucun cas un mot grossier dans ma bouche et je défends l'élitisme quand il s'adresse à toutes et tous- a peu à peu vidé les salles de cours d'allemand et de grec. Je me souviens, en grec justement au lycée... C'était dans les années 1974/75... Nous étions douze en seconde, huit en première et quatre en terminale. Aujourd'hui les collègues d'allemand "draguent" littéralement les élèves pour les supplier de choisir leur langue. Je me souviens de l'une d'entre ces collègues user de tous les subterfuges imaginables pour conquérir quelques uns. Et déprimer beaucoup en constatant l'échec de son entreprise pourtant passionnée et passionnante.

Je déplore cette désertion. Mais elle s'explique par le fait d'avoir, sans doute par amour sincère de leurs matières, voulu toujours placer Aristophane et Schiller sur des sommets inaccessibles au commun des élèves.

A tel point qu'un jour, il n'y eût plus aucun élève...

La vulgarisation des Humanités en eût évité l'abandon...

En eût évité aussi la détresse d'une admirable Jacqueline de Romilly...

Vive le latin! Vive le grec! Pour toutes et tous!

Christophe Chartreux



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #1051 il y a 1 an 9 mois
On se demande bien comment le latin et le grec ancien peuvent encore aujourd'hui servir "d'outils puissants pour contourner la carte scolaire"...