30 avril 2017

Dans "La lettre de l'éducation" : "Najat Vallaud-Belkacem : « Il y a des mandats plus difficiles à conduire que d’autres »".

Extrait :

La défense des langues anciennes a été un catalyseur de l’opposition à cette réforme. Fallait-il offrir ce symbole à vos adversaires ?

 

Ce sujet a en partie masqué l’essentiel de la réforme : la plus grande part d’autonomie pédagogique laissée aux équipes, l’interdisciplinarité, la 2e langue vivante en 5e. Une question n’est jamais abordée : c’est la difficulté à pourvoir les postes de professeurs de lettres classiques que l’on ouvre. Et pour cause : notre système ne créait pas le vivier nécessaire. Avant la réforme, 18% des collégiens suivaient un enseignement de langues anciennes ; seuls 4% le poursuivaient au lycée. Voilà comment dans les faits on faisait mourir à petit feu une discipline. Là aussi, si c’était à refaire, j’ignorerais les horreurs quotidiennes nous comparant à Daech assassinant la civilisation à Palmyre. Et j’aurais en revanche avec les professeurs de lettres classiques, qui se battent pour attirer des élèves notamment en éducation prioritaire, une discussion sur ce qui sert le mieux l’avenir de leur discipline : continuer comme avant ou tenter de créer un vivier plus important ? C’est ce que nous avons fait avec l’enseignement « langues et cultures de l’Antiquité » qui a vocation à intéresser beaucoup plus d’élèves et à les mener vers l’enseignement de complément latin-grec. Il faudra quelques années pour juger les effets de ce choix.