2 novembre 2016

La ministre de l'Éducation nationale, en réponse aux questions des députés à l'occasion de la réunion de la commission élargie des crédits 2017 sur l'enseignement scolaire à l'Assemblée nationale.

20161102

Extrait :

Parce que, oui cette réforme des collèges, je n’y reviens pas, je l’ai dit, permet d’offrir à tous les enfants des choses dont on a tous établi qu’elles étaient bonnes pour les apprentissages. Enfin, je veux dire, à partir du moment – moi ça me fascine – à partir du moment – et c’est une latiniste qui vous parle parce que j’ai évidemment fait du latin – où on dit que le latin est merveilleux, essentiel pour les apprentissages, qu’il ouvre l’esprit etc., expliquez-moi pourquoi on le réserverait à une minorité d’enfants. Mais c’est impressionnant, quand même, quand on y réfléchit bien.

Non, arrêtez, madame la députée, vous savez parfaitement comment ça se passe dans les établissements scolaires ou alors vous parlez d’un temps qui n’est plus le nôtre. Moi je vous parle d’un temps qui n’est pas si lointain où l’accès à ces options, c’est un code que n’ont pas toutes les familles. C’est pas vrai que toutes les familles sont informées que la meilleure façon de réussir, c’est de faire telle option, telle classe bilangue, telle section européenne : c’est pas vrai ! Donc vous savez bien que toutes les familles n’éclairent pas leurs enfants comme il faudrait pouvoir le faire et c’est la responsabilité du système scolaire et des pouvoirs publics d’éclairer les enfants pour leur donner toutes les chances de réussite.

Notre commentaire :

Argumentaire inchangé et toujours aussi contradictoire. Si les options sont "réservées" à une minorité d'enfants, la réforme du collège 2016 n'y change rien puisque les options sont maintenues sous un autre nom, quoique mutilées et précarisées.

Il est pourtant évident que le latin en tant qu'option n'est "réservé" à personne : il est offert à tous les volontaires. En témoigne son dynamisme dans l'éducation prioritaire, relevé par la DEPP.

Pour le reste, le latin offert "à tous les enfants" ne peut correspondre qu'à l'EPI LCA. Or cet EPI correspond au plus à une heure trente par semaine pendant un an (contre un cursus de deux ou trois heures pendant trois ans dans le cadre de l'option avant la réforme). Mais surtout il est prélevé sur l'horaire d'autres disciplines : il n'y a aucune possibilité d'enseignement du latin comme langue pendant le cours de français ou de mathématiques.