4 mai 2016

La ministre de l'Éducation nationale a été invitée sur France Inter à la suite des journées de la Refondation de l'École.

20160505 nvb

 

Interrogée par Patrick Cohen, dans les questions des auditeurs, sur les classes bilangues :

NVB : La réforme du collège parce qu'on va finir par croire que la réforme du collège a consisté à régler la question du latin et de la classes bilangues...

PC : Ah j'ai des questions sur le latin, ça va arriver...

NVB : On va finir par croire - certains de vos collègues finisssent même par l'écrire - que la réforme du collège tournait autour de la question du latin et des classes bilangues. Donc reprenons le sujet  : la réforme du collège, ce n'est pas ça du tout. La réforme du collège, c'est partant du constat que  le collège, tel qu'il fonctionnait actuellement, était un échec pour au moins un élève sur quatre, ce qui quand même devrait nous interroger - Moi je veux bien qu'on s'intéresse toujours à ceux qui s'en sortent le mieux mais la responsabilité des pouvoirs publics, c'est de faire réussir ceux qui sont en échec aussi -  donc, partant de ce constat, le collège a été repensé pour lui offrir en effet plus d'autonomie [...] Plus d'accompagnement personnalisé : c'est bien plus important que tout ce dont on discute depuis des mois autour des bilangues etc. L'accompagnement personnalisé, c'est quoi ? C'est que, pour tous les élèves, les bons comme les mauvais, comme les moyens, il y a notamment en classe de sixième, qui est la classe charnière, trois heures, trois heures entières par semaine pendant lesquelles cet élève va être accompagné de façon être individualisée, adaptée à ses difficultés.

PC : Ce sera dans tous les établissements ?

NVB : Bien sûr, évidemment : c'est une obligation !

Interrogée ensuite sur la lettre d'Isabelle Dignocourt, professeur de lettres classiques, la ministre ne répond pas.

 

 

 



Portrait de Minerve
Minerve a répondu au sujet : #1132 il y a 1 an 3 mois
Dans Familles chrétiennes, la prise de conscience de certains chefs d'établissement du privé, qui croyaient pouvoir contourner sans difficulté la réforme et découvrent que ce ne sera possible que sur leurs "fonds propres", donc en faisant payer les familles.
www.famillechretienne.fr/famille-educati...pris-au-piege-192799

Cette prise de conscience est raillée par Brighelli dans le Point: www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-pau...016-2035863_1886.php
Dans le Figaro du 1er mai : « Education nationale : des réformes qui fâchent » www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/05...rmes-qui-fachent.php

Tout le monde en effet n’est pas sensible au discours d’autosatisfaction des journées de « Refondation de l’Ecole » et certains posent clairement les problèmes, comme Nicole Ferroni sur France Inter le 4 mai, à écouter et réécouter : www.franceinter.fr/emission-le-billet-de...e-reforme-du-collage
Un reportage du Parisien TV sur l’accueil réservé aux participants à ces « journées » devant le Palais Brongniart : videos.leparisien.fr/video/huees-place-d...spip.php%3Farticle92

Dans Figarovox du 2 mai : Assises de la refondation de l'école : le zéro pointé d'un prof, par Jean-Rémi Girard du SNALC
« Le latin, ce sera «pour tous les élèves», martèle-t-elle dans les médias. À se demander si elle l'a lue, sa réforme. »
www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/05/02/3...pointe-d-un-prof.php

Annie Genevard pour le Huffingtonpost le 3 mai :
www.huffingtonpost.fr/annie-genevard/ref...atino_b_9826794.html

Dans le Nouvel Obs, l’évocation des « "dégâts collatéraux" dans la mise en oeuvre de la réforme du collège » : tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160503...ce-qui-a-change.html

François Bayrou sur Radio Classique le 4 mai commence et conclut sur l'Education nationale:
www.politiquemedia.com/videos-23007.html


Incroyable ! Quel miracle ! Nous avions TOUS (y compris la totalité des IPR qui assurent les formations, et la totalité des chefs d’établissement) mal compris les modalités de l’accompagnement personnalisé ! On nous avait dit de ne pas le confondre avec de l’accompagnement individualisé, on nous promettait que nous pouvions faire un AP efficace face à 30 élèves à la fois, et nous nous apprêtions à l’assurer en classe entière. Mais non, nous avions tort ! C’est bien de l’accompagnement individualisé !
Il faudra donc inventer dans l’emploi du temps des créneaux d’environ trois fois une minute et demie (comptons tout de même 10 à 15 secondes pour changer d’élève), puisque la classe de 6e dispose de 3h au total ! Mais alors, où sont passées les 3h d’AP pour chaque élève en 6e ? Notre ministre aurait-elle donc mal lu le texte qu’elle défend depuis plus d’un an ? Ou bien… Quelle déception ! Peut-être avions-nous tout de même compris ?
En revanche, elle a dû en relire d’autres passages, car si elle s’insurge contre leur évocation, elle ne semble plus contester plus la disparition du latin et du grec dans de nombreux établissements, ni le fait que la suppression des classes bilangues n'est pas toujours liée à une question de continuité…