27 janvier 2016

20160127 bourdin

Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.

Notre verbatim (extrait), avec un bel aveu involontaire au milieu :

S. Le Foll − Par exemple dans une réforme comme celle du collège on cherche à mettre en place une dynamique plus collective sur des projets pour sortir les élèves de l’échec scolaire, dès qu’on fait une proposition pour essayer de bouger… parce qu’on a un échec scolaire de 130.000 élèves. Faut faire quoi ? Attendre ou bouger ? Essayer de proposer des choses et des pistes ? C’est ce qui a été fait.

 

J.-J. Bourdin − En supprimant certaines classes européennes ? En supprimant l’enseignement du latin parfois ?

 

S. Le Foll − Sur l’enseignement du latin ou du grec, je connais ce débat. A chaque fois qu’il y a eu des réformes, quelles qu’elles soient, il y a toujours eu cette question du latin et du grec. Moi, le latin et le grec, j’en ai fait, je m’en souviens à peu près, c’était au collège il y a assez longtemps. Bon. Je suis tout à fait conscient que des éléments et de la culture grecque et latine, on en a besoin et on doit donner un certain nombre d’enseignements. Mais tout refuser et tout analyser à l’aune du latin et du grec, franchement, il y a quelquefois où je me dis qu’il y a là une forme d’empêchement qui est mise en place par un certain nombre et une élite qui ne pense pas à l’ensemble des jeunes. Et que la question des 130.000 décrocheurs aujourd’hui, c’est pas le latin et le grec qui la réglera mais si je suis pour aussi qu’on enseigne le latin et le grec. Et que l’histoire antique a des résonances aujourd’hui et doit être connue parce que ça fait partie aussi de l’histoire de l’Europe.



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #1006 il y a 1 an 4 mois

S. Le Foll − Par exemple dans une réforme comme celle du collège...

Il est intéressant que cet "exemple" soit pris après l'évocation des contraintes budgétaires...

...on cherche à mettre en place une dynamique plus collective sur des projets pour sortir les élèves de l’échec scolaire, dès qu’on fait une proposition pour essayer de bouger…

"bouger" signifie ici supprimer sections et options, dont on se demande bien en quoi leur existence explique l'échec scolaire.

parce qu’on a un échec scolaire de 130.000 élèves.

50.000 élèves n'obtiennent pas le brevet chaque année selon la DEPP...

Faut faire quoi ? Attendre ou bouger ? Essayer de proposer des choses et des pistes ? C’est ce qui a été fait.

Décidément, l'euphémisme "bouger" est bien pratique ! Et quel rapport entre la "dynamique" des projets et la suppression des sections et options ?

S. Le Foll − Sur l’enseignement du latin ou du grec, je connais ce débat. A chaque fois qu’il y a eu des réformes, quelles qu’elles soient, il y a toujours eu cette question du latin et du grec. Moi, le latin et le grec, j’en ai fait, je m’en souviens à peu près, c’était au collège il y a assez longtemps. Bon. Je suis tout à fait conscient que des éléments et de la culture grecque et latine, on en a besoin et on doit donner un certain nombre d’enseignements.

Captatio...

Mais tout refuser et tout analyser à l’aune du latin et du grec...

Reductio...

...franchement, il y a quelquefois où je me dis qu’il y a là une forme d’empêchement qui est mise en place par un certain nombre et une élite qui ne pense pas à l’ensemble des jeunes.

Les 200.000 latinistes qui appartiennent aux deux catégories sociales les moins favorisées seraient donc des "élites" ? Les 93% des collèges de l'éducation prioritaire proposant des langues anciennes des privilégiés ?

Et que la question des 130.000 décrocheurs aujourd’hui, c’est pas le latin et le grec qui la réglera...

Un bel aveu. Pourquoi les supprimer en ce cas ?

...mais si je suis pour aussi qu’on enseigne le latin et le grec. Et que l’histoire antique a des résonances aujourd’hui et doit être connue parce que ça fait partie aussi de l’histoire de l’Europe.

On cherche la logique.