28 mai 2015

Le rapport de Son Thierry Ly et Arnaud Riegert pour le CNESCO tombe à point : "Mixité sociale et scolaire et ségrégation inter- et intra- établissement dans les collèges et lycées français"

Extrait :

2 L’option latin

L’option latin est proposée dans la très grande majorité des collèges en classe de cinquième (6 517 sur 6 991, soit 93 %) ; elle n’est cependant choisie que par 22% des élèves. Cette option est très fortement marquée socialement et scolairement : 36% des latinistes sont des CSP+ (qui représentent 22% des élèves de cinquième) et 43% font partie des meilleurs élèves (20% des élèves de cinquième). Les latinistes sont concentrés dans 17 821 des 31 251 classes de cinquième, soit 57% des classes 4.

Dans les 6 517 collèges qui proposent le latin,

— 1 251 établissements (19 %) regroupent les latinistes dans le minimum de classes possibles et laissent des classes sans latinistes ;

— 3 723 établissements (57 %) laissent des classes sans latinistes sans toutefois regrouper les latinistes dans un minimum de classe.

— 1 543 établissements (24 %) répartissent les latinistes dans toutes les classes.

Alors que les classes bilangues sont concentrées sur une petite moitié des collèges, les classes latinistes sont répandues dans une grande majorité de ceux-ci. Ainsi, le nombre d’élèves latinistes par collège reste relativement modeste, et il est rare de trouver des classes contenant une forte majorité de latinistes : seules 598 classes (3 %) contiennent plus de 80% de latinistes. En moyenne les classes latinistes contiennent 38% d’élèves latinistes. Très souvent, la meilleure classe de chaque établissement proposant l’option latin contient des élèves latinistes : la classe contenant le plus d’élèves CSP+ contient des latinistes dans 80% des cas, et la classe contenant le plus d’élèves parmi les meilleurs compte contient des latinistes dans 87% des cas. Ainsi, même si les latinistes sont rarement complètement isolés dans leur établissement, le fort marquage social et scolaire de cette option a pour effet de placer les élèves latinistes dans un environnement relativement privilégié : ils comptent en moyenne dans leur classe 28% d’élèves CSP+ et 28% d’élèves parmi les meilleurs, contre 22% et 20% respectivement pour l’ensemble des élèves de cinquième. Ces différences s’expliquent essentiellement par la dimension intra-établissement de la ségrégation, les différences d’exposition étant beaucoup plus faibles lorsqu’on s’intéresse aux environnements établissement.



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #618 il y a 1 an 9 mois

1 251 établissements (19 %) regroupent les latinistes dans le minimum de classes possibles et laissent des classes sans latinistes ;

Donc 19% des collèges peuvent être accusés de pratiquer une "ségrégation scolaire active" avec ce qui s'apparente à des "classes de niveau". Problème méthodologique : l'étude ne distingue pas à ce sujet le privé et le public...
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #621 il y a 1 an 9 mois
www.lesechos.fr/journal20150601/lec1_fra...a-lecole-1123988.php

La réforme du collège est destinée à lutter contre les inégalités, répète à l'envi Najat Vallaud-Belkacem. La ministre de l'Education entend s'y attaquer en supprimant les classes bilangues - qu'elle ne veut plus réserver à 15 % de collégiens souvent issus de milieux favorisés - et en renonçant aux options latin et grec telles qu'elles existaient.

Mais la vraie bataille contre les inégalités est ailleurs, selon les chercheurs Son-Thierry Ly et Arnaud Riegert de l'Ecole d'économie de Paris.

Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #622 il y a 1 an 9 mois
www.liberation.fr/societe/2015/05/28/un-...es-de-niveau_1318430

Cette étude, lancée il y a plus d’un an, tombe pile poil dans l’actualité. Les attentats de janvier ont reposé avec acuité le défi du vivre ensemble, et le rôle fondamental de l’école. Plus récemment, la réforme du collège a fait ressurgir, via la polémique sur le latin et les classes bilangues, la question de l’élitisme et des classes de niveau.


Cette étude, lancée il y a plus d’un an, tombe pile poil dans l’actualité. Les attentats de janvier ont reposé avec acuité le défi du vivre ensemble, et le rôle fondamental de l’école. Plus récemment, la réforme du collège a fait ressurgir, via la polémique sur le latin et les classes bilangues, la question de l’élitisme et des classes de niveau.