28 mai 2015

Sénat : "Vers une réforme de l'enseignement au collège".

Le Sénat interroge le gouvernement lors d'une séance de questions cribles sur la réforme du collège

Comprendre les enjeux

Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a présenté en Conseil des ministres le 11 mars 2015, les grands axes de réforme du collège, dont les mots d’ordre sont "mieux apprendre pour mieux réussir". Cette réforme est mise en œuvre par le décret 2015-544 paru au Journal officiel du 20 mai 2015 afin d’entrer en vigueur à la rentrée 2016.

Pour appuyer sa réforme, Najat VALLAUD-BELKACEM part du constat que le collège est devenu un des maillons faibles de l’enseignement : "en dix ans, les élèves ont régressé dans leurs apprentissages fondamentaux, notamment en maths, en français, en histoire". Elle estime également que les enseignants ont le sentiment "d’être bridés dans leurs initiatives" et les parents "démunis".

La réforme annoncée se situe dans le prolongement de la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, engagée dans les écoles maternelles et les écoles primaires pour réduire les inégalités et favoriser la réussite de tous.

Les évolutions du collège apportées par cette réforme concernent donc les pratiques d'enseignement et l’organisation pédagogique, et tendent vers une plus grande liberté dans les capacités d’initiatives pour les élèves et les professeurs. La réforme encourage fortement l’interdisciplinarité.

En parallèle, comme c’est le cas régulièrement, les programmes de nombreuses matières et notamment en histoire seront modifiés. Ces programmes sont élaborés par le Conseil supérieur des programmes sans intervention du ministre de l’Éducation nationale. Ils sont actuellement soumis à la consultation des enseignants jusqu’au 12 juin.  

Pour de nombreux syndicats et intellectuels, cette réforme constitue un risque pour le service public de l’éducation en modifiant les conditions d’enseignement du latin et du grec ancien et en permettant par exemple à chaque établissement de fixer 20 % de son emploi de temps, ce qui pourrait favoriser les établissements des secteurs aisés par rapport à ceux en difficultés.

 Cette contestation a été notamment marquée par une journée de grève nationale le 19 mai. 

 Les principaux points de la réforme :

  • Chaque équipe enseignante disposera de 20 % du temps d’enseignement pour permettre le travail en petits groupes et les enseignements pratiques interdisciplinaires ;
  • Création des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), via huit nouveaux thèmes de travail, concernant les élèves de 5e, 4e, et 3e, qui devront travailler sur au moins deux thèmes différents chaque année. Les projets sont évalués et inclus dans les compétences du diplôme national du brevet. Pour l’enseignement du grec et du latin, une option langue et culture de l’Antiquité existera ;
  • Mise en place de temps d’accompagnement personnalisé pour tous les élèves, de temps d'apprentissage en petits effectifs et création de 4 000 ETP (Équivalent Temps Plein) ;
  • Apprentissage du travail en équipe et expression orale, la maîtrise de deux langues vivantes (Langue Vivante 1 enseignée à partir du CP, Langue Vivante 2 à partir de la 5e) et le développement de compétences numériques afin de permettre un enseignement mieux adapté au monde actuel ;
  • Modification de l’emploi du temps des élèves : 1h30 de pause méridienne,  systématisation des moments forts dans l’établissement, renforcement de la démocratie collégienne et amélioration du dialogue avec les parents.