6 mai 2015

Laurence Ferrari reçoit Najat Vallaud-Belkacem sur "iTélé" : "Najat Vallaud-Belkacem annonce qu'elle ne reculera pas sur la réforme du collège".

Avec la retranscription d'une partie ici.

 

Extraits :

Apprendre l'allemand ça doit pas être une question de niveau social ça doit pas être une question de sélection. Apprendre l'allemand ou apprendre le latin et le grec, si on considère que c'est si important - et je le considère -, ça doit être offert à tous les collégiens et donc on ne peut pas se satisfaire d'un système ou seulement 15 ou 20% de collégiens, parce qu'ils sont dans les bonnes classes, vont bénéficier de ces options-là. C'est pour cela qu'au lieu de les laisser à l'état d'option ou de filière dérogatoire, on les intègre dans la scolarité de chaque collégien de telle sorte que chacun en bénéficie. […]

Soyons très très précis : le latin et le grec, aujourd'hui cela fonctionne comment au collège ? Ce sont des options : c'est-à-dire que les élèves qui veulent faire du latin ou du grec doivent prendre des heures supplémentaires par rapport à leur agenda hebdomadaire et donc ils sont très peu à le faire. On estime qu'il y a 18% de collégiens qui font du latin et du grec. Et que ça a peu d'effet sur eux. La preuve : c'est que arrivé au lycée, ils ne sont plus que 5% à en faire : c'est dommage. On est tous d'accord pour dire que c'est très important, le latin et le grec. Que prévoit la réforme ? Que ça réintègre l'agenda obligatoire de tous les élèves au sein de ces fameux enseignements pratiques interdisciplinaires que nous introduisons. Qu'est-ce qu'un enseignement pratique interdisciplinaire ? C'est un enseignement qui est fourni par plusieurs professeurs à la fois parce qu'on estime utile de faire se rencontrer plusieurs disciplines pour retenir l'attention des élèves et éveiller leur intérêt pour la discipline. Concrètement, s'agissant du latin et du grec, qu'est-ce que ça signifie ?  Ça signifie qu'au lieu de se contenter de faire juste des déclinaisons aux élèves on leur apprendra la culture antique, la civilisation antique, sur la base de sortie scolaire de projets menés avec le professeur d'histoire, en utilisant les outils numériques qui sont aussi extrêmement riches aujourd'hui d'ailleurs pour redonner une vitalité à ces à ces langues anciennes. Et donc voilà ce que l'on offre dans le collège 2016 à tous les collégiens et ceux d'entre eux qui ayant été éveillés à l'intérêt de ces langues anciennes souhaitent continuer, faire plus de déclinaisons, donc travailler davantage la langue et bien on leur offre la possibilité de le faire avec un nombre d'heures qui est exactement le nombre d'heures qui est aujourd'hui offert en option au lieu de seulement 18% d'élèves. […]

S'agissant de l'école, on a toujours un peu le sentiment de pouvoir donner son avis très généralement etc. et on en vient à ce qu'on a connu, là, cette espèce de cacophonie des derniers jours, où finalement les gens s'expriment sur des choses fausses. Donc moi, je vais vous dire les choses encore plus simplement : si on avait affaire à une réforme qui supprime le latin, l'allemand, je ne sais quoi et l'histoire, on pourrait causer aussi, mais ce n'est pas du tout le cas de cette réforme. Je vous ai démontré que, au contraire, elle avait vocation à promouvoir le latin et le grec en nombre d'élèves parce que c'est très important notamment pour maîtriser le français : la maîtrise du français, on en a fait une priorité.

 



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #286 il y a 1 an 11 mois
Après "le grec et le latin qu'on trouve si formidables" : "si on considère que c'est si important"...

Donc pour résumer : les langues anciennes "c'est très important notamment pour maîtriser le français". Mais dans les EPI on ne fera pas de langue. Enfin c'est dit autrement. On fera plus que de la langue : "au lieu de se contenter de faire juste des déclinaisons aux élèves..."

Cherchez la logique !
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #293 il y a 1 an 11 mois
Dans la même veine, bien observer cette infographie :

Portrait de Selene
Selene a répondu au sujet : #304 il y a 1 an 11 mois
Heureusement que les EPI sont là : sans cela, je n'aurais jamais l'idée d'emmener mes élèves à Rome.
Ah, tiens, si, je l'ai justement fait l'an dernier.
Heureusement que l'on va me forcer à travailler avec mon collègue d'histoire : lors de ma formation de lettres classiques, je n'ai acquis aucune notion historique ni culturelle sur la civilisation latine, seulement les déclinaisons, et je ne saurais donc en faire profiter mes élèves.
Ah, tiens, si, je mène civilisation et langue de front.

Mais mais mais, cela voudrait-il dire que ma tâche va juste être rendue plus difficile et compliquée par cette nouvelle organisation - à supposer que mon collège de REP accepte de prendre sur les heures de "marge" pour le latin plutôt que pour les groupes de soutien ?