5 mai 2015

Romain Blachier (PS) dans "Marianne" : "Le nivellement par le haut de Najat Vallaud-Belkacem"

Extrait :

Il est donc pour le moins curieux que certains trouvent que rendre le savoir disponible à un plus grand nombre soit un nivellement par le bas. De quoi nous rappeler une partie de la droite la plus conservatrice de l’époque de Jules Ferry. Une droite de l’époque qui, face à l’éducation obligatoire, parlait déjà de nivellement par le bas. [...]

Et puis finissons sur la réforme des langues anciennes. Dans laquelle de féroces adversaires voient un second meurtre de Jules César, une nouvelle peste de Périclès. Là encore, comment, sans mauvaise foi excessive, y voir un recul des savoirs ? Najat Vallaud-Belkacem entend y consacrer le même nombre d’heures qu’avant. Tout en retournant aux origines de l’enseignement du latin et du grec : il ne s’agit pas de se contenter d’un alignement de techniques grammaticales mais de former surtout les élèves à la connaissance de civilisations et de pensées constituant un socle majeur de notre propre civilisation, de notre démocratie, de notre culture. Aligner certes les déclinaisons du premier groupe mais aussi et surtout faire comprendre une part de nos racines à nos jeunes esprits. A pedibus usque ad caput.



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #257 il y a 2 ans 7 mois
"les déclinaisons du premier groupe" ?

Et pourquoi ne faudrait-il pas se réjouir de l'assassinat de Jules César ?

M. Blachier réduit donc l'enseignement du latin et du grec à "un alignement de techniques grammaticales" : c'est très aimable pour les professeurs de lettres classiques. Nous ignorions d'ailleurs qu'aux "origines" (lesquelles exactement ?), l'enseignement du latin n'était pas l''enseignement... de la langue latine !

Au demeurant M. Blachier ne semble pas connaître les programmes de latin et de grec ancien puisqu'il s'agit d'accéder, à travers la langue, aux textes et à la culture antiques.

Une caricature qui trahit sa visée : il ne s'agit absolument pas d'enseigner le latin ou le grec ancien dans l'EPI LCA destiné à (presque) tous les élèves. Voilà ce qui est sans doute une avancée "des savoirs" !

Pour les uns, un accès aux textes à travers la langue dans des moignons d'options.

Pour les autres - la majorité - un accès à un EPI LCA sans histoire antique ni langue ancienne (ou alors en retirant d'autant au tronc commun des disciplines !). C'est sur ce point précisément que devrait répondre très concrètement M. Blachier pour éviter d'être taxé lui-même de "mauvaise foi".