26 septembre 2018

Dans "Le Monde" (abonnés) par Mattea Battaglia : "Le latin et le grec menacés par la réforme du baccalauréat".

Le latin et le grec menacés par la réforme du baccalauréat

En 2021, ces matières qui, auparavant, pouvaient rapporter beaucoup de points aux élèves ne procureront plus qu’un avantage marginal.

Peut-on croire qu’une matière en option qui, à l’horizon 2021 – celui du « bac Macron » – ne ferait plus gagner de points, parvienne encore à attirer des élèves ? Les professeurs de latin et de grec n’ont pas tardé à se poser sérieusement la question.

A l’heure des réunions de rentrée, pressés de questions par des parents d’élèves qui ont bien compris l’imminence de la réforme du lycée (elle concerne cette année la classe de 2de) mais un peu moins sa logique d’ensemble, beaucoup ont sorti leur calculatrice.

« Prenons l’exemple d’un candidat au bac obtenant une moyenne de 13,5/20 après avoir passé toutes les épreuves, hors option », suggère Loys Bonod, enseignant dans un lycée parisien et blogueur actif. Un élève « moyen bon », précise-t-il, issu de la filière S – comme nombre de latinistes. Jusqu’à présent, un 16/20 à l’oral de latin (épreuve affectée d’un coefficient 3 et ne tenant compte que des points au-dessus de la moyenne) lui rapportait 18 points et faisait basculer sa moyenne finale au-delà de 14/20. De quoi décrocher la mention bien. Avec la réforme telle qu’elle s’annonce, toujours selon ses calculs, la note globale atteindrait… 13,52/20.

« Reconnaissance... proche de zéro »

Explication : si l’on s’en tient aux grandes lignes de la réforme présentées en conseil des ministres mi-février, les langues anciennes ne figureront plus parmi les épreuves terminales (60 % de la note finale au bac), ni même parmi les épreuves communes évaluées au cours du cycle terminal (30 % du contrôle continu). Non : elles seraient prises en compte, comme les autres options, dans les 10 % de la note résultant de l’analyse des bulletins scolaires.

« Nos courageux latinistes et hellénistes auraient fait l’effort de suivre trois heures de cours supplémentaires par semaine, année après année, avec des emplois du temps parfois ahurissants, pour une reconnaissance… proche de zéro » [...]