29 août 2016

Dans "Le Point" : "Réforme du collège : les EPI, le summum de l'absurde"

Extrait :

« C'est Bienvenue à OK Corral »

Autre interrogation soulevée par la réforme : le latin. « Le décret est si confus qu'il est appliqué de manière différente selon les académies, explique un enseignant de lettres classiques. Par exemple, la directrice générale de l'enseignement scolaire, Florence Robine, affirme que l'enseignement de complément latin ne peut exister que si le collège propose l'EPI Langue et culture de l'Antiquité ; mais dans l'académie de Strasbourg, on dit que le latin peut compléter n'importe quel EPI. Qui croire ? » Sans compter que le latin, tout comme le grec, n'est plus une « option », mais un « enseignement de complément ». Difficulté supplémentaire : pour avoir la possibilité de dispenser un cours de latin ou de grec, les profs de lettres classiques sont obligés d'assurer un EPI Culture et langue ancienne. Sans quoi, le cours ne pourra pas être ouvert. Et si ces profs refusent l'EPI, les voilà forcés à ne faire que des cours de français, à la place de leurs anciennes heures de latin ou grec. Mais que faire, dès lors, des quelque 3 000 profs de lettres qui vont se retrouver en concurrence avec ceux de lettres classiques ?

« C'est Bienvenue à OK Corral, déplore Robert Delord, professeur de lettres classiques et membre du collectif Arrête ton char. Qui va accepter de donner un peu de ses heures disciplinaires pour que le latin subsiste ? Car l'EPI Langue et culture de l'Antiquité ne sera pas nécessairement dispensé par un prof de langues classiques : le prof de musique, de SVT ou de sport peut très bien l'assumer. Sans rire. » Beau péplum en perspective !