23 janvier 2016

Sur "France Culture", dans "La Suite dans les idées" : "A en perdre son latin-grec" avec Pierre Judet de la Combe.

A en perdre son latin-grec

Aux antipodes d’un discours conservateur ou réactionnaire, le grand helléniste, Pierre Judet de la Combe s’inquiète de la manière dont s’enseignent trop souvent le grec et le latin.

Cette semaine, la ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé des mesures concernant l’enseignement des langues. La première langue vivante sera désormais enseignée dès le CP au lieu du CE1 et, dans un nombre important d’ecoles, il ne s’agira pas obligatoirement de l’anglais. Le deuxième langue sera enseignée dès la classe de 5e et non plus celle de 4e, deux langues vivantes donc à choisir parmi trois proposées dans au moins 85% des collèges. On le voit, tout en maintenant fermement des objectifs louables de démocratisation scolaire, de lutte contre les inégalités sociales, contre les usages purement stratégiques des options qui entravent les objectifs de mixité sociale et scolaire, la ministre semble avoir aménagé son projet initial, de manière à protéger la diversité linguistique face au risque de monopole de l’anglais. Mais quid des langues mortes ? Seraient-elles définitivement mortes ? C’est l’inquiétude d’un certain nombre de chercheurs, parmi lesquels un helléniste de renom, dont les commentaires de la poésie et du théâtre grec nous sont précieux, Pierre Judet de la Combe.

 

Pierre Judet de la Combe

Directeur d’études à l’EHESS, il est l'auteur de L’Avenir des anciens. Oser lire les Grecs et les Latins paru tout récemment chez Albin Michel.