7 juillet 2016

Sur "France Info" : "Pénurie de professeurs de lettres classiques à l'Education nationale"

Pénurie de professeurs de lettres classiques à l'Education nationale

par Célia Quilleret jeudi 7 juillet 2016 17:51 

Tous les postes d'enseignants proposés par le ministère de l'Education nationale ne seront pas occupés à la rentrée. Les premiers résultats des concours de recrutement du CAPES montrent une nouvelle pénurie de recrutement dans certains domaines : les mathématiques, l'allemand, l'anglais et surtout les lettres classiques.

Les premiers résultats des concours d'enseignants viennent d'être publiés dans différentes disciplines ce jeudi, et le bilan montre à nouveau une crise du recrutement au CAPES dans certaines matières comme les mathématiques, l'allemand, l'anglais et surtout les lettres classiques. Les étudiants ne veulent plus être profs de latin ou de grec et, par conséquent, des dizaines de postes ne trouvent pas preneurs. A la rentrée, il y aura seulement une soixantaine de nouveaux enseignants de lettres classiques pour toute la France. Le ministère offrait pourtant 230 postes au CAPES, ce qui correspondait aux besoins. Mais plus de deux postes sur trois n'ont pas été pourvus.

Enseignant : un métier peu valorisé

Pour François Martin, président de la CNARELA, la coordination des associations de langues anciennes, la réforme du collège est en cause car elle transforme l’enseignement du latin, et le grec risque de disparaitre, mais ce n’est pas la seule raison. « Les étudiants ne se destinent plus à des carrières dans l’enseignement parce que le métier n’est pas assez valorisé, assure-t-il. Il faut que les étudiants arrivent à un niveau Bac+5 pour passer le CAPES ou l’agrégation, ce qui n’était pas le cas avant, puisqu’un étudiant qui avait une licence pouvait passer le CAPES. Rajouter deux ans d’études n’est pas facile pour tout le monde, il faut les financer... surtout dans la situation actuelle. »

Et cette crise des vocations est d’autant plus inquiétante qu’elle n’est pas nouvelle : à peine la moitié des postes étaient pourvus l’an dernier. Il manquera donc des enseignants de lettre dans les classes à la rentrée. Le ministère n’aura pas d'autre choix que de recruter des contractuels qui, eux, n’ont pas le CAPES.