8 mars 2016

Dans "PampaMag" : "Paris contre province : la réforme du collège jugée inégalitaire"

Extrait :

Pour Claire Mabille, la dis­pari­tion de ces cours n’est pas le seul change­ment défa­vor­able aux col­légiens de province. Avant, cer­taines heures étaient dédiées au latin, à l’allemand ou à la musique. Cette année, il fau­dra faire un choix. Les étab­lisse­ments, qui ont gagné en autonomie, béné­fi­cient désor­mais d’un cer­tain nom­bre d’heures à répar­tir entre ces matières.

Cer­taines pour­raient en souf­frir, redoute-t-elle. « On sait bien que recruter des pro­fesseurs de latin est plus dur en province qu’à Paris, et dans les cam­pagnes plus qu’en aggloméra­tion. Si on rajoute encore des dif­fi­cultés, les étab­lisse­ments vont être ten­tés de sup­primer le latin, c’est cer­tain. »

Au col­lège de La-Barre-en-Ouche, les classes de Claire Mabille sont main­tenues. Pour cela, il a fallu faire une croix sur des cours en demi-groupes. Il faut dire que la pro­fesseure est pop­u­laire : près d’un quart des col­légiens suiv­ent ses cours de latin, une option fac­ul­ta­tive sou­vent délais­sée. « Oui mais chaque année, il va fal­loir jus­ti­fier de l’intérêt de ma matière pour les élèves. La poli­tique d’un étab­lisse­ment peut changer avec un sim­ple départ de pro­viseur », prévient-elle.

« Le point cen­tral, c’est que tant qu’on est proche de Paris, les classes bilangues et les options sont main­tenues, insiste Michel Troug­nou, pro­fesseur de let­tres clas­siques au col­lège du Jardin-des-Plantes, à Poitiers (Vienne). Ici, c’est l’hécatombe. » Secré­taire départe­men­tal Force ouvrière, il con­state « plus d’un tiers de fer­me­tures » de cette sec­tion dans l’académie.