8 février 2016

Dans "Paris-Normandie" : "Réforme du collège : la FCPE en pleine crise".

Réforme du collège : la FCPE en pleine crise

Éducation. Rien ne va plus entre le bureau national de la FCPE et certaines fédérations départementales, dont celle de Seine-Maritime, qui s’opposent à la réforme du collège à travers une pétition.

«Ceux qui sont au bureau national sont des sous-fifres du parti socialiste. C’est vraiment une réalité », s’exclame Dorothée Avet, la présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves de la Seine-Maritime. Avec la FCPE13 (Bouches-du-Rhône), la Seine-Maritime porte depuis une quinzaine de jours une pétition nationale contre la réforme du collège. Un vent de fronde qui s’inscrit dans la continuité tumultueuse du congrès de mai qui avait coûté sa place à un président jugé, déjà, trop proche du PS.

L’intérêt des enfants en jeu

« Nous ne faisons pas bande à part. Nous avons pu le dire publiquement lors de la journée des présidents qui a réuni les cadres des fédérations départementales. Cinquante et un départements étaient représentés, soit la moitié, poursuit Dorothée Avet. C’est une vraie division qui s’acte à la FCPE. »

Au cœur du débat, l’intérêt des enfants. D’un côté, la direction nationale affiche son soutien à la réforme menée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, qui va changer les programmes et la manière d’enseigner, pour tous les niveaux de la 6e à la 3e.

De l’autre, une pilule amère à avaler, particulièrement en Normandie où l’académie de Rouen va perdre à la rentrée 2017 77 % de ses classes bilangues. 95 % pour l’académie de Caen.

Les « frondeurs » dénoncent également le manque de formation des professeurs, la perte d’heures pour les élèves sur des matières importantes (maths, français) avec la mise en place des enseignements pratiques interdisciplinaires, à partir de la classe de 5e. Ou encore la « disparition du seul chapitre sur l’immigration et l’Afrique » en histoire, « des programmes qui ne sont pas toujours validés », « des problèmes d’égalité de cursus suivant les établissements », « la pause méridienne d’une heure trente qui devient dérogatoire » où les incertitudes sur le contenu des épreuves du brevet...

« On ne peut pas imposer une réforme à une communauté éducative. C’est par des communiqués que nous apprenons ainsi, par exemple, que la FCPE nationale est pour la suppression du latin ! La FCPE a voté pour cette réforme sans consulter les fédérations départementales. En termes de démocratie, c’est un peu moyen » s’insurge Dorothée Avet.

La pétition semble faire tache d’huile. Surtout dans les fédérations autonomes financièrement. Les plus petites redoutent des sanctions pécuniaires des instances qui les subventionnent. Face à cette bronca, la FCPE nationale dit attendre de voir les dotations qui seront faites aux collèges à la rentrée. Si elles sont insuffisantes elle promet que ses adhérents voteront contre.

A. L.