18 décembre 2015

"Le Monde" (abonnés) : "Latin et grec : des programmes pour rassurer".

Les programmes, en retard de deux mois, ne sont toujours pas disponibles sur le site du CSP.

Extrait :

A la mi-mai, au plus fort de la fronde contre la réforme du collège, le Conseil supérieur des programmes (CSP) avait été chargé par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, de réfléchir au contenu des « enseignements de complément de latin et de grec », sortes d’options allégées proposées aux collégiens volontaires à compter de la rentrée 2016. Il devait remettre sa copie mi-octobre. Ce n’est finalement que jeudi 17 décembre, à deux jours des congés d’hiver, qu’il a achevé ses projets. Sans parvenir, pronostique-t-on du côté des associations de professeurs, à balayer les contestations.

Dans le document que Le Monde s’est procuré, le CSP entend pourtant démontrer qu’il ne participera pas à cette mise à mal des Humanités dénoncée, depuis le printemps, bien au-delà des cercles d’enseignants. Pas de renoncement aux ambitions linguistiques dites « classiques » au profit d’une approche strictement culturelle ou civilisationnelle. « La connaissance que les élèves acquièrent de l’Antiquité se fonde, d’abord, sur l’étude des textes authentiques que l’on fait lire en latin et en grec, mais également, de manière cursive, en traduction », peut-on lire dès la première page.

Rebond en page 4, où la traduction est décrite comme un « exercice essentiel », impliquant « un apprentissage spécifique, régulier et progressif tout au long du cycle » – en l’occurrence le cycle 4 (5e, 4e et 3e). L’étude des « œuvres que l’Antiquité a inspirées au fil du temps » n’en est pas moins présentée comme essentielle, œuvres d’art autant que vestiges archéologiques.

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« Au plan linguistique, l’apprentissage de l’une des deux langues ne devra pas être exclusif d’incursions et d’éclairages en direction de l’autre langue », précise le document. Dans la liste des thématiques culturelles où le professeur est invité à piocher pour « élaborer librement » ses séquences, des sujets permettent bien d’aborder les deux : ainsi de « maîtres et esclaves dans l’Antiquité », « alliances et conflits entre cités »…

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« Nous ne mettons pas en cause les contenus : ces nouveaux programmes sont plutôt solides », reconnaissait Sonia Mollet, au sortir du CSP, où elle avait été auditionnée en tant que représentante du SNES-FSU, mercredi 16 décembre. Un constat étonnamment positif de la part du syndicat majoritaire dans le second degré qui porte, avec sept autres organisations, la fronde antiréforme. « Mais quel dommage que cette dynamique revendiquée intervienne quand les horaires compromettent l’enseignement des langues anciennes ! », ajoutait-elle.

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Constat plus sévère de la part des principales associations d’enseignants de langues anciennes, reçues le 3 décembre. « Ces nouveaux programmes ne sont rien d’autre que des extraits des programmes actuels », se sont-elles indignées dans un communiqué, dénonçant « l’impuissance du CSP », mais aussi la « perte substantielle de contenus ». Car, contrairement à l’idée reçue, les options latin-grec disposaient bien, déjà, de programmes officiels, qui plus est récents, puisque datant de 2009. « Des programmes plutôt bien perçus, note Sonia Mollet, et mis en place progressivement entre 2009 et 2012. »

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