29 octobre 2015

Dans "Le Figaro" : "Éducation nationale recherche professeurs de lettres classiques"

Éducation nationale recherche professeurs de lettres classiques

LES PROFS de latin ou les derniers des dinosaures? Si les effectifs d'élèves étudiant la langue de Cicéron dans le secondaire ont fondu depuis vingt ans, ceux des étudiants en lettres classiques à l'université ne sont pas en reste. Toute la filière souffre. En 2012, après d'autres universités, Rennes-II annonçait la fermeture de sa filière de formation lettres classiques.

Hélène Frangoulis, chargée des relations avec l'université pour l'association de langues anciennes Cnarela, a lancé une enquête auprès des universités afin de connaître les effectifs des étudiants inscrits dans cette discipline à la rentrée 2014. D'après les réponses qu'elle a reçues, les établissements ont déclaré entre 2 et 31 étudiants inscrits en première année de licence, soit une moyenne de 10 étudiants par université... Une baisse très importante avait été constatée les années précédentes, « et nous pouvons nous réjouir d'une légère remontée pour l'année universitaire 2014-2015 », observe la Cnarela.

Pas assez de candidats

Il n'empêche, les jurys des concours 2015 s'inquiètent dans leurs rapports, « pour l'option lettres classiques, du nombre extrêmement limité de candidats qui se sont présentés aux épreuves écrites et qui s'avère nettement inférieur au nombre de postes inscrits au concours pour ladite option ». Depuis cinq ans, plus de la moitié des postes ouverts au Capes de lettres classiques ne sont pas pourvus. On ne comptait que 133 candidats au Capes, cette année, pour 230 postes. Selon le ministère, cette baisse tient en premier lieu à la diminution du vivier d'élèves formés au collège et au lycée. « Par ailleurs, dans un souci d'une bonne gestion des fonds publics, les universités sont également vigilantes sur la mise en place des formations dans certaines filières, au regard notamment du nombre d'inscrits et du coût inhérent de la formation », poursuit le ministère. En bout de chaîne, les rectorats, eux, n'ont pas le choix. Pour maintenir un enseignement de lettres classiques au collège, ils organisent des stages de latin depuis quelques années pour les professeurs de lettres modernes ! Au programme, initiation pour ceux qui n'en ont jamais fait et piqûres de rappel pour les autres. Il s'agit de bricoler pour continuer à transmettre cette discipline aux élèves, sans trop de dégâts....

 

M.-E. P.



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Loys a répondu au sujet : #864 il y a 1 an 4 mois

Depuis cinq ans, plus de la moitié des postes ouverts au Capes de lettres classiques ne sont pas pourvus. On ne comptait que 133 candidats au Capes, cette année, pour 230 postes. Selon le ministère, cette baisse tient en premier lieu à la diminution du vivier d'élèves formés au collège et au lycée.

En réalité cette baisse du nombre de candidats s'observe depuis bien plus longtemps, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. Et elle n'a qu'un lointain rapport avec la faible érosion des effectifs de latinistes dans le secondaire, sauf à supposer qu'ils aient eux-mêmes été divisés par quatre ou plus depuis 2000 !



A comparer avec l'évolution du nombre de latinistes 2000-2010 selon le rapport de l'IGEN (2011) :

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Loys a répondu au sujet : #865 il y a 1 an 4 mois
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Loys a répondu au sujet : #866 il y a 1 an 4 mois
Voilà qui méritait bien une petite remise en perspective :