10 octobre 2015

Dans le "Figaro" : "La réforme du collège pousse des milliers de professeurs dans la rue"

Extraits :

Une poussette et des ballons jaunes. Florent et Marjolaine ont fait le déplacement du Mans, avec leurs deux enfants de 6 ans et 3 mois. Il est chercheur à l'université du Mans, elle professeur d'allemand. Faute d'heures suffisantes à assurer son établissement, elle est remplaçante depuis deux ans, appelée à boucher les trous dans un rayon de 150 km. « La fin des classes bilangues est écrite depuis un moment, dans l'unique but de faire des économies, explique-t-elle. La suppression de l'option latin permettra aussi d'en faire, en redéployant ces heures sur le français ». « Des filières élitiste se sont peut-être créées à Paris et en banlieue autour du latin et des classes bilangues. Mais ce n'est pas le cas en province, estime Florent. Cette réforme va à l'encontre de toute méritocratie. Elle va créer un appel d'air en faveur du privé».

[...] Dans le défilé, flottent massivement les banderoles du Snes, mais aussi des drapeaux allemands, pour défendre les classes bilangues. Beaucoup de tenues antiques également et des slogans inspirés: « Vade Retro Najatas-Satanas », « Professeur, pas fossoyeur, recrutée pour enseigner les humanités, pas pour les dénaturer », « Nation sans racine, nation fantôme ». Ou plus simplement: « Avant, j'étais prof de latin ».

[...] Il en veut pour preuve le récent sondage Ifop pour SOS Education, dans lequel 61% des 1009 personnes interrogées se disent opposées à la réforme. Une large majorité (66%) dénonce la diminution des horaires de langues anciennes, y compris chez les sympathisants de gauche (58%). Quelque 63% des Français déclarent soutenir les manifestants, dont 53% chez les sympathisants de gauche.