6 octobre 2015

Jean-Paul Brighelli dans "Le Point" : "Une réforme contre le réel"

Extrait :

Mais voilà, le réel revient en force. Et on ne l'évacue pas avec un sourire peint sur un visage.

Que dit le réel ? Que l'égalitarisme, quand il devient prêchi-prêcha, tue non seulement l'excellence, mais la possibilité même que des élèves ordinaires parviennent au plus haut de leurs capacités. Ce ne sont pas seulement les sales fils de bourgeois (à l'exclusion des bourgeois de la rue de Solférino, qui savent dans quelles écoles inscrire leurs rejetons), ceux qui font latin et allemand dans des classes bi-langues, que le ministre a dans son collimateur : ce sont les déshérités de la culture, tous ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche.

Le latin, c'est moderne

La ministre ignore-t-elle que le latin est la troisième langue la plus étudiée au collège ? Soit les élites sont majoritaires dans ce pays, soit il faut bien que les élèves et leurs familles trouvent dans cet idiome ancien un mode d'accès à la modernité, à la culture humaniste mais aussi à la science, comme le révélait en 2007 une note rédigée entre autres par Pascal Charvet, un inspecteur général qui aujourd'hui encore n'a pas baissé les bras (et pendant ce temps-là, que font les autres inspecteurs généraux ?). Le latin est un « laboratoire scolaire de la modernité », prétendent aujourd'hui ces abominables extrémistes de l'Institut.

Et ce n'est pas Jean-Pierre Demailly, signataire lui aussi, et qui avait ici-même exprimé son point de vue de mathématicien sur les actuels programmes de maths, qui les démentira.