24 juin 2015

Dans cette tribune sur "Atlantico", Eric Verhaeghe : "Budget mammouth mais profs mal payés : où passe concrètement le budget de l'Education nationale ?"

Extrait :

Sur le cas de la bivalence, c'est un véritable serpent de mer. Chaque fois qu'un ministre a essayé de l'introduire, il a dû affronter le conservatisme des filières universitaires qui forment les futurs enseignants.

On oublie trop souvent que l'offre éducative dépend de la capacité des universités à préparer le vivier des candidats aux concours enseignants.

Pour pouvoir recruter un enseignant, il faut en effet qu'il y ait un candidat (si possible compétent) au concours de recrutement. Vous ne pouvez donc pas penser le concours enseignant en dehors de l'offre universitaire.

Allons plus loin : l'offre universitaire dicte largement le contenu des concours enseignants. L'affaire des langues anciennes au collège en est le meilleur exemple : supprimer ou réduire la place du latin et du grec au collège, c'est réduire le nombre de recrutements en langues anciennes. Et par conséquent tuer très rapidement les trois quarts d'unité de langues anciennes dans les unités françaises. Dans beaucoup d'universités comme à Reims, Clermont-Ferrand, ou Caen, on compte depuis de nombreuses années plus d'enseignants que d'étudiants en langues anciennes. Si vous diminuez de moitié ou des deux tiers les places au CAPES ou à l'agrégation dans ces disciplines, vous supprimez purement et simplement ces unités d'enseignement dans ces universités-là. Pour préserver l'emploi dans les universités, cela fait des années que l'on maintient artificiellement des enseignements marginaux au collège.

Sur Twitter : @Verhaeghe "Homme libre, fondateur de Parménide"

 



Portrait de PROF
PROF a répondu au sujet : #684 il y a 1 an 11 mois
Question: qui a décrété qu'il s'agissait d'enseignements marginaux?
A lire les commentaires des internautes sur le site Atlantico, les enseignants eux-mêmes sont des marginaux qui ne veulent pas se plier à la loi du marché, se plaignent sans cesse alors qu'ils font partie de cette caste de privilégiés qui ont beaucoup de vacances, c'est bien connu. Je rajouterai une caste qui est en voie de disparition dans certaines disciplines, en effet. Et pourtant, il faudra bien trouver des volontaires pour instruire les enfants de ceux-là qui aiment cracher leur venin sur les enseignants. Quel défi pour ces jeunes universitaires qui non seulement doivent passer un concours mais doivent aussi braver l'opprobre publique!