5 juin 2015

"Le Figaro" : "Bayrou, Chevènement et Ferry se mobilisent «pour un collège de l'exigence »"

 

Bayrou, Chevènement et Ferry se mobilisent «pour un collège de l'exigence»

Les trois ex-ministres de l'Education nationale signent avec les intellectuels Onfray, Bruckner et Julliard une tribune contre la réforme du collège dans la presse régionale. Ils y défendent leur vision d'un «élitisme républicain».

Six mousquetaires contre la réforme du collège. Trois ex-ministres de l'éducation nationale: Jean-Pierre Chevènement (sous le gouvernement Fabius de 1984 à 1986), Luc Ferry (gouvernement Raffarin de 2002 à 2004) et François Bayrou (gouvernements Balladur/Juppé 1993-1997), ont décidé de signer ensemble dans la presse régionale une lettre ouverte au Président de la République contre la réforme du collège et «pour un collège de l'exigence». Trois intellectuels: Michel Onfray, Pascal Bruckner et Jacques Julliard les accompagnent. Ces six personnalités, qui couvrent le spectre politique de l'extrême-gauche à la droite, ont déjà pris position contre les mesures annoncées par Najat Vallaud-Belkacem. Le philosophe Pascal Bruckner s'était même fait qualifier de «pseudo-intellectuel» par la ministre de l'Education nationale après une interview dans le Figaro.

«Tous les élèves ont besoin d'une Ecole forte et structurée pour réussir. Ecole forte, parce qu'elle affirme sa mission de transmettre des connaissances et des valeurs. Ecole structurée, parce qu'elle donne toute sa place aux savoirs disciplinaires» écrivent-ils.

«Pour un élitisme républicain»

D'après les six intellectuels, «les victimes de ce renoncement (...) seront d'abord les enfants de milieux populaires ou défavorisés pour qui l'école est le seul recours».

«Contre la régression qu'engage la réforme annoncée du collège», les six hommes défendent un «élitisme républicain». Celui-ci passe d'après eux par la conservation de «quatre éléments fondamentaux». «L'école primaire» selon eux «la plus efficace des réformes du collège», car c'est là que se mettent en place les plus fortes difficultés. Mais aussi les «langues vivantes», mises en péril selon eux par la suppression des classes bilangues et européeennes, et les «langues anciennes» menacées par la disparition du grec et du latin comme options. Ils demandent enfin des «programmes clairs et compréhensibles par tous, loin des jargons indécents», notamment en histire où les «repères chronologiques» doivent prendre le pas sur la repentance.

«Nous signons et appelons à signer cet appel pour obtenir le retrait du décret de «réforme» du collège. Nous demandons que ce décret soit refondu après les consultations et le débat républicain qui s'imposent.» indiquent les signataires. Une pétition a été mise en ligne sur le site change.org