29 mai 2015

"FranceTVInfo" : "La "ségrégation" au collège et au lycée en trois infographies"

 

L'article souligne l'importance de la ségrégation avec un indice de "ségrégation sociale"*, fondé sur la proportion d'élèves issus de catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) dans les classes et les établissements. Le résultat est sans appel : "En France, les collégiens et lycéens d'origine aisée comptent en moyenne dans leur classe deux fois plus de camarades également d'origine aisée que les élèves des classes moyennes et populaires."

Il étudie ensuite la ségrégation à l'intérieur des établissements, avec notamment les options. Extrait :

Les "bons élèves" étudient-ils entre eux ?

Les auteurs ont également calculé un indice de "ségrégation scolaire"*, fondé sur la proportion de "bons élèves". Là encore, le résultat est net : "Les meilleurs élèves comptent en moyenne deux fois plus de camarades d'un niveau équivalent au leur que les autres élèves." Cette forme de ségrégation s'accentue au lycée, notamment en raison de l'apparition des filières, affirme l'étude : "Les élèves fréquentent des lycées différents selon qu'ils choisissent la voie générale, technologique ou professionnelle – à l'exception des 20 % de lycées polyvalents."

Au sein même des établissements, les disparités sont parfois importantes entre les classes. En 3e, "45% des collèges pratiquent une ségrégation scolaire active", explique le Cnesco. Concrètement, cela veut dire que des "classes de niveau" existent au sein des établissements, qui peuvent s'expliquer en partie par les options choisies par les collégiens.

La part des "bons élèves" est, par exemple, nettement plus importante chez les collégiens en parcours bilangues (36%), possibilité offerte jusqu'ici à partir de la classe de 6e, que chez leurs camarades du même niveau (19%), représentés ici en bleu sur cet histogramme. L'écart est encore plus grand entre les latinistes (43%) et la moyenne des camarades de 5e, année à partir de laquelle cette option est proposée, en vert sur le graphique. Ces deux parcours sont d'ailleurs des points centraux de la polémique sur la réforme du collège.

 



Portrait de Minerve
Minerve a répondu au sujet : #614 il y a 2 ans 2 mois
Le titre montre une erreur d'interprétation ; l'article parle pourtant bien de "parcours" et non de "classe". Le fait que les bons élèves aient un appétit intellectuel les incitant à choisir un parcours un peu plus riche, ne signifie pas qu'ils restent entre eux, sauf pendant les heures durant lesquelles ils étudient ces options! En effet, on sait que la plupart sont répartis entre plusieurs classes. Qui plus est, certains de ces élèves seraient sans doute seulement moyens si l'étude d'une option ne les habituait pas à une plus grande rigueur.
De toute façon, parler de "ségrégation sociale" est faire preuve ici d'un prodigieux mépris, sans doute inconscient, à l'égard des CSP les plus modestes: un "pauvre" ne peut-il être bon élève?
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #616 il y a 2 ans 2 mois
Oui c'est une grave erreur, mais bien utile pour justifier la réforme. Cette erreur est dans le rapport du CNESCO.

Il s'agit bien des "parcours bilangues" ou latinistes et on laisse entendre qu'il s'agit donc de "classes de niveaux" témoignant de la pratique d'une "ségrégation scolaire active" de la part des collèges.

Il y a plus de bons élèves parmi les latinistes : qui s'en étonnera ? Mais précisément les latinistes sont répartis sur de nombreuses classes, d'où les horaires pénibles de latin nécessitant des alignements.