28 mai 2015

Dans "Le Monde" (abonnés) Pierre Merle (Sociologue, professeur à l'Université européenne de Bretagne) : "Construisons enfin un collège non élitiste"

Sur le défilé de la manifestation des enseignants, en grêve contre la reforme du collège, à Paris, le 19 mai.

Construisons enfin un collège non élitiste

L’actuelle réforme du collège, à l’instar des vraies réformes, suscite les clivages habituels entre les nostalgiques des temps passés et ceux qui osent rompre l’immobilisme forcené d’une certaine élite. Déjà, lors de la grande réforme du bac de 1902, qui avait réduit la culture gréco-latine à la seule filière A (ex-filière L), des académiciens et latinistes poussiéreux s’étaient révoltés contre un projet qui allait creuser la tombe de la « vraie culture », celle des humanités ; la nouvelle filière C, latin et sciences (ex-filière S), allait promouvoir, disaient-ils, des légions d’incultes.

En 1963, la création du collège d’enseignement secondaire (CES), ancêtre du collège unique, avait suscité les mêmes récriminations. La Société des agrégés avait manifesté une hostilité résolue à l’égard d’un collège suspecté de concurrencer, et bientôt d’anéantir, l’enseignement secondaire du lycée qui débutait à l’époque dès la sixième : « toute confusion, toute fusion, tout amalgame entre enseignement long et enseignement court ruineraient l’un et l’autre ». En 2015, la même élite passéiste ressasse les vieilles antiennes séculaires : la fin de la culture, la ruine de l’enseignement, le nivellement par le bas. Il est temps de faire la différence entre des stéréotypes ânonnés jusqu’à la nausée et la connaissance !

Les comparaisons internationales menées dans le cadre des recherches Program for international student assessment (PISA) ont le grand mérite de montrer que la démocratisation du système éducatif français est faible et que, de surcroît,...

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Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #609 il y a 2 ans 6 mois

Construisons enfin un collège non élitiste

A quoi se mesure "l'élitisme" d'un collège ? A la présence des sections bilangues ? Ou des langues anciennes comme dans 93% des collèges défavorisés ?

L’actuelle réforme du collège, à l’instar des vraies réformes, suscite les clivages habituels entre les nostalgiques des temps passés et ceux qui osent rompre l’immobilisme forcené d’une certaine élite.

"Ceux qui osent"... comme le courageux Pierre Merle. Bien sûr : la critique de la réforme ne peut être qu'un immobilisme. Les personnes qui se battent pour une prise de conscience depuis des années ne souhaitent qu'une chose : qu'elles restent en l'état.

On retrouve les oripeaux de la sociologie poussiéreuse des années 60. Les professeurs de lettres classiques appartiennent donc à "l'élite" en 2015...

Déjà, lors de la grande réforme du bac de 1902, qui avait réduit la culture gréco-latine à la seule filière A (ex-filière L), des académiciens et latinistes poussiéreux s’étaient révoltés contre un projet qui allait creuser la tombe de la « vraie culture », celle des humanités ;

De fait, le XXe siècle leur a donné raison... Mais visiblement la déshérence de la filière littéraire enchante Pierre Merle.

...la nouvelle filière C, latin et sciences (ex-filière S), allait promouvoir, disaient-ils, des légions d’incultes.

Pas de source pour cette accusation caricaturale.

En 1963, la création du collège d’enseignement secondaire (CES), ancêtre du collège unique, avait suscité les mêmes récriminations.

Il s'agit pourtant d'un sujet bien différent. Mais l'amalgame est commode pour montrer que l'histoire ne fait que se répéter avec les gentils d'un côté, les méchants de l'autre. Bizarrement, les méchants perdent défaite sur défaite, mais le sort de l'école ne gagne pas pour autant...

La Société des agrégés avait manifesté une hostilité résolue à l’égard d’un collège suspecté de concurrencer, et bientôt d’anéantir, l’enseignement secondaire du lycée qui débutait à l’époque dès la sixième : « toute confusion, toute fusion, tout amalgame entre enseignement long et enseignement court ruineraient l’un et l’autre ».

De fait le collège avait vocation à préparer au lycée : c'est toute l'ambiguïté du collège unique. Heureusement, aujourd'hui, l'immense majorité des élèves vont jusqu'au baccalauréat.

En 2015, la même élite passéiste ressasse les vieilles antiennes séculaires : la fin de la culture, la ruine de l’enseignement, le nivellement par le bas.

Caricature de l'adversaire... De fait, avec la réforme, l'enseignement des langues anciennes ne sort pas grandi, et avec elle une culture humaniste. Mais bon, l'humanisme, au XXIe, c'est tellement "poussiéreux"...

Il est temps de faire la différence entre des stéréotypes ânonnés jusqu’à la nausée et la connaissance !

Les comparaisons internationales menées dans le cadre des recherches Program for international student assessment (PISA) ont le grand mérite de montrer que la démocratisation du système éducatif français est faible et que, de surcroît,...

Tiens, c'est curieux. Pourtant on devrait s'attendre à une grande réussite avec un collège démocratisé si brillamment. La faute au latin, sans nul doute.

Quelle perspicacité sociologique !