25 mai 2015

"Le Monde" : "Crise à la FCPE et cinglant désaveu de son président"

Extrait :

Paul Raoult, statutairement encore président jusqu’à l’élection d’un successeur dans deux semaines, « dément formellement » cette interprétation. « La question posée au congrès n’était pas du tout celle de la réforme du collège. Cette question avait été posée en interne il y a un an et les principes de l’actuelle réforme largement approuvés. Il s’agit beaucoup plus d’un problème de gouvernance interne et d’une contestation visant à ce propos la direction nationale, dont moi-même. » Paul Raoult rappelle à ce propos que la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a bel et bien été ovationnée lors de son intervention samedi à la tribune du congrès. « Les images sont sur notre site ne trompent pas », ajoute-t-il.

« Pour moi, en vingt ans d’implication militante, cette situation est une première », confie Jean-Marie David, membre de la délégation de la FCPE des Hauts-de-Seine. « Attention aux raccourcis trop rapides ! Il y a un désaveu, reconnaît-il, mais la réforme du collège n’est pas seule en cause. » Les motifs d’insatisfaction sont divers. On reproche à Paul Raoult sa manière de communiquer dans les médias et ses positionnements politiques. Entre les deux tours des élections départementales, un communiqué appelant à barrer la route au Front national a surpris les militants. « Là, on est clairement sorti de notre rôle », estime M. David.

Reste que les crispations sur le collège sont vives. Si, depuis avril, la fédération a multiplié les marques de soutien à la réforme, certains conseils départementaux ont fait savoir qu’ils ne se reconnaissaient pas – ou plus – dans cette ligne. « Il y a ceux qui le disent, ceux qui l'écrivent... Mais à ma connaissance, on est entre 30 et 50 conseils départementaux hostiles à la réforme telle qu'elle est proposée aujourd'hui », estime Sébastien Léger, président de la FCPE de Seine-Maritime. Quant aux motifs de son inquiétude, ils sont proches de ceux mis en avant par les enseignants grévistes du 19 mai : atteintes aux sections bilangues, à l’enseignement du latin et du grec.



Portrait de Junon
Junon a répondu au sujet : #592 il y a 2 ans 4 mois
La tendance se confirme : une partie au moins de la gauche rejette la réforme.
Cf le baromètre politique du Point ( www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berret...015-1931007_1897.php :

Najat Vallaud-Belkacem, sanctionnée à gauche

La réforme du collège impacte négativement l'image de Najat Vallaud-Belkacem : 34 % au général, en recul de 2 points. Les avis défavorables se montent à 50 % (+ 3). Mais pire encore, c'est au sein même des sympathisants PS que la ministre de l'Éducation nationale suscite des doutes. Ses soutiens baissent de 65 à 60 %. En deux mois, la jeune ministre a perdu 9 points chez les siens.