21 mai 2015

Fabrice Luchini : "Fabrice Luchini fait aimer la poésie" sur "France 2".

Extrait :

- Est-ce que le latin et le grec, par exemple, ont toujours leur place ? Est-ce qu'ils sont toujours utiles ? Est-ce que l'excellence littéraire à l'ancienne a toujours sa place ?

- Arthur Rimbaud était, à l'âge de 10-11 ans, premier en grec et en latin. Ce n'est pas parce qu'il était premier qu'il a été le génie essentiel de la littérature française, mais il n'aurait peut-être pas pu restituer avec autant de maîtrise son génie potentiel et écrire "Le Bateau ivre" à 17 ans s'il n'avait pas eu cette structure de maîtrise du latin et du grec. Donc nous sommes confrontés à une question passionnante : tous les gens qui sont bons en latin ne font pas des Rimbaud. C'est clair et net. Mais Rimbaud n'aurait peut-être pas pu restituer son génie atypique, fulgurant, alchimiste, hallucinatoire s'il n'avait pas été [latiniste et helléniste]. En un mot, s'il y a une chose qui est essentielle, c'est le mot "héritage". [...] Là, il y a un héritage de ce qui est le génie du français, c'est-à-dire la liberté au milieu de la contrainte, et il n'y a que les très grands écrivains, particulièrement issus du latin, qui seront les représentants de cette forme de génie français [...]