19 mai 2015

Dans "Libération" Mercedes ERRA Présidente exécutive de Havas Worldwide et fondatrice de l'agence publicitaire BETC : "Réforme du collège : pourquoi tant de haine ?"

 

Extrait :

Venons-en au latin. D’abord le latin et le grec ne sont choisis que par 18% à 20% des élèves. Et on imagine bien qu’en très grande majorité, ce ne sont pas les plus défavorisés. La vérité, c’est que très peu d’enfants choisissent le latin ou le grec par goût, ils y sont poussés par leurs parents qui y voient le moyen de les faire accéder aux meilleures classes. Le latin, censé passionner les bons élèves, est en réalité depuis longtemps l’objet d’un détournement élitiste. Ce que la réforme propose me paraît donc intéressant : rendre accessible l’enseignement des civilisations antiques, et donner ainsi à tous les clés de la culture gréco-latine qui a forgé celle de notre pays. Cette option me semble si importante qu’on devrait même la rendre obligatoire. Ceux qui dénoncent la perte des racines de la France se trompent : la réforme permettra au plus grand nombre de comprendre les fondements de notre civilisation. L’initiation à cette culture gréco-latine aura lieu dans le cadre d’un enseignement plus global, pluridisciplinaire, où se croiseront histoire des civilisations, de l’art, culture générale, langues anciennes, et français moderne. 100% d’élèves acculturés contre 20% de latinistes qui se réduisent à 5% au lycée ? En quoi est-ce une erreur, un reniement de nos racines ? De quoi parle-t-on ? Non, le latin et le grec ne sont pas supprimés. Ils continueront à exister comme option. Toute liberté est laissée à ceux qui veulent explorer plus avant le latin.



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #537 il y a 2 ans 6 mois
Il est toujours curieux de constater que ceux qui défendent le plus les vertus des langues anciennes se félicitent avec une belle constance de leur enterrement.

Il est très sympathique pour les élèves de la part de Mme Erra de supposer que "très peu d’enfants choisissent le latin ou le grec par goût". "Pourquoi tant de haine" ?

Il faut dire qu'elle ne sait pas qu'il n'y a plus de classes de latinistes depuis longtemps dans l'école. Si d'ailleurs c'était le cas, latinistes et hellénistes seraient aussi nombreux au lycée...

A ce sujet : "ne sont choisis que par 18% à 20% des élèves". C'est-à-dire un demi-million d'élèves : c'est tout à fait négligeable pour une simple option !

Bref un "détournement élististe" assez curieux quand 93% des collèges défavorisés proposent le latin ou le grec ancien.

S'agissant du "plus grand nombre" qui pourra accéder à la réforme ("100% d’élèves acculturés" (sic)), Mme Erra ne semble pas très au fait de la réforme puisqu'elle croit que l'on pourra enseigner le latin, le grec ancien et l'histoire dans l'EPI LCA.