18 mai 2015

"Le Monde" : "Les principaux points de discorde de la réforme du collège"

Extrait :

Enseignement des langues anciennes

C’est le sujet qui a, en premier, créé la polémique autour de la réforme du collège, dès la fin du mois de mars. La première mouture du texte présentée par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem prévoyait une disparition des options latin et grec, jugées « trop élitistes » par le ministère – 20 % des collégiens apprennent le latin, 3 % le grec – au profit d’un des huit nouveaux « enseignements pratiques interdisciplinaires » (EPI), « Langues et cultures de l’Antiquité », destiné à tous les élèves.

Face à la fronde des enseignants concernés, ainsi que leurs nombreux relais politiques et intellectuels craignant une future disparition des langues anciennes, la ministre a revu sa copie fin mars. En plus de l’EPI en question, que les élèves pourront suivre à raison d’au moins une heure par semaine pendant toute leur scolarité, ceux qui souhaitent approfondir l’aspect linguistique auront accès à un « enseignement de complément » en latin, une sorte d’option allégée : une heure hebdomadaire en 5e, deux heures en 4e et 3e. L’addition des deux dispositifs, dont le Conseil supérieur des programmes (CSP) a été chargé de réfléchir aux contenus, donne deux heures par semaine en 5e, et trois heures en 4e et 3e, soit autant qu’aujourd’hui. Mais les latinistes et hellénistes dénoncent le « saupoudrage » de ces enseignements.