15 mai 2015

Michèle Cotta dans "Le Point" : "Réforme du collège : tous coupables !"

 

Extrait :

La déréliction des langues anciennes

L'enseignement des langues mortes ? Le temps qui leur est consacré ne cesse également de diminuer. En 1880, Jules Ferry - à qui se fier ! - a repoussé l'enseignement du latin, jusqu'alors dispensé dans les classes élémentaires, à la sixième.

La réforme de 1902, sous un gouvernement de gauche républicaine, institue l'enseignement du grec à titre facultatif en quatrième et en troisième, et envisage une section moderne, sans latin, à partir de la seconde. Edgar Faure, en 1968 (Georges Pompidou, agrégé de lettres classiques, Premier ministre), décide de repousser à la quatrième l'enseignement du latin. Décision qui ne sera remise en cause que par François Bayrou, à son tour en charge de l'Éducation nationale, prévoyant une option de l'enseignement du latin à partir de la cinquième pour les élèves qui le désirent. Quant aux heures consacrées au latin et au grec, elles n'ont cessé de se réduire : 2 heures hebdomadaires, pour ceux qui choisissent le latin en cinquième, trois heures pour les classes de quatrième et de troisième.

Enfin, aujourd'hui, en envisageant au collège la suppression des options latin ou grec, et en les remplaçant par des enseignements pluridisciplinaires, la réforme proposée arrive pratiquement au degré zéro de l'enseignement du grec et du latin. À moins que l'indignation du groupe des défenseurs des langues anciennes, qui comptent parmi eux des personnalités aussi différentes que François Bayrou et Régis Debray, finisse par entraîner une modification des projets ministériels.



Portrait de Laure BM
Laure BM a répondu au sujet : #501 il y a 2 ans 2 mois
Si le gouvernement en place ne veut pas entendre raison, les langues anciennes vont mourir...