15 mai 2015

"La Voix du nord" : "Réforme du collège : à Lille, Najat Vallaud-Belkacem s’est employée à éteindre l’incendie"

 

Réforme du collège : à Lille, Najat Vallaud-Belkacem s’est employée à éteindre l’incendie

Sous le feu de très violentes critiques, la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a profité de sa venue au congrès national de la Fédération de parents d’élèves (PEEP) pour expliciter sa réforme du collège attaquée

Dans une interview au magazine GQ, Najat Vallaud-Belkacem estime que la principale qualité en politique est de « ne pas vaciller lorsque ça tangue ». Pour la ministre de l’Éducation nationale, depuis quelques jours, c’est la tempête. Les vents forts sont d’est, de droite, mais les remous arrivent aussi de sa gauche. Et une grève à l’appel de plusieurs syndicats, dont le majoritaire SNES-FSU, est prévue mardi.

 

Jeudi, au congrès national de la PEEP, Fédération de parents d’élèves, Najat Vallaud-Belkacem était espérée. « Mais en raison d’un déplacement à l’étranger, elle n’était pas sûre de sa disponibilité », rapporte Valérie Marty, la présidente nationale. Finalement, sa venue fut confirmée mercredi avec pour sujet annoncé : le numérique.

 

Elle en a parlé, mais au cours de son long discours de près d’une heure, c’est la réforme du collège qui s’est imposée. Elle a souhaité « apaiser les peurs générées par les attaques d’une violence incroyable », qu’elle « dissocie des critiques éclairées ». Et détaillé : non les langues anciennes ne sont pas en danger, au contraire, elles ne seront plus optionnelles mais initiées à tous, avec possibilité d’approfondir.

 

Les classes bilangues disparaissent, mais la première langue vivante sera apprise dès le CP et pas à partir du CE1. Idem pour la deuxième langue : dès la 5e et non plus la 4e. En outre, pour promouvoir l’allemand, ceux qui choisiront une première langue autre que l’anglais en CP pourront commencer l’anglais en deuxième langue dès la 6e. Année où chaque élève aura trois heures d’accompagnement personnalisé, rappelle la ministre. Qui n’a rien dit sur les programmes d’Histoire, étant considéré que la réforme est actée mais l’adoption des nouveaux programmes qu’au « commencement ». La salle n’est pas nécessairement « Belkacemophile ». Mais la sérénité et la pédagogie avec lesquelles la ministre explicite sa réforme, sans rentrer dans le jeu des violentes passes d’armes politiciennes, ont plu.

Examen réussi. Mais sur ce sujet, pour l’ex-élève de Sciences Po, il pourrait y avoir encore bien des grands oraux.