13 mai 2015

"Paris Normandie" : "Réforme du collège le gouvernement tente de déminer la contestation".

 

Réforme du collège le gouvernement tente de déminer la contestation

Le gouvernement tente de déminer la contestation de la réforme du collège une semaine avant une grève: Najat Vallaud-Belkacem a demandé mercredi au Conseil supérieur des programmes (CSP) de plancher sur les langues anciennes et la majorité a fait bloc pour soutenir un projet très contesté à droite.

Le gouvernement tente de déminer la contestation de la réforme du collège une semaine avant une grève: Najat Vallaud-Belkacem a demandé mercredi au Conseil supérieur des programmes (CSP) de plancher sur les langues anciennes et la majorité a fait bloc pour soutenir un projet très contesté à droite.

Le président François Hollande «a demandé à tous les membres du gouvernement (leur) soutien» à la réforme, a déclaré le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll après le Conseil des ministres.

Cette unité a aussi été affichée par les groupes socialiste, écologiste et radical à l’Assemblée nationale, face une «campagne de désinformation et d’hystérisation» de l’opposition. Une façon aussi de rappeler à l’ordre les quelques voix discordantes au sein du Parti socialiste.

Le Premier ministre Manuel Valls et le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis ont fustigé les «attaques personnelles» du président de l’UMP Nicolas Sarkozy contre la ministre de l’Éducation nationale.

Les députés socialistes vont aussi distribuer dans leurs circonscriptions des lettres ouvertes aux parents pour les «rassurer» face aux «rumeurs et contre-vérités», notamment sur les langues anciennes, l’allemand ou l’histoire.

L’une des critiques les plus médiatisées porte sur la crainte d’une disparition du latin et du grec, émise par des enseignants et reprise par des hommes politiques de droite mais aussi de gauche comme Jack Lang.

Mercredi, Najat Vallaud-Belkacem a tenté de rassurer sur ce point, demandant au CSP de lui remettre des propositions pour le 15 octobre. Elle souhaite que les programmes de français comportent «des articulations plus lisibles avec les langues et cultures de l’Antiquité».

De même, la ministre veut que le CSP planche sur le thème «Langues et cultures de l’Antiquité» prévu parmi les nouveaux Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) instaurés par la réforme du collège, et qu’il rédige «des programmes pour les enseignements de complément de latin et de grec».

- ‘Un premier pas’

Dans un premier temps, le projet de réforme prévoyait la suppression des options latin et grec et leur remplacement par un des huit EPI. Face à la grogne des latinistes et hellénistes, le ministère avait rapidement lâché du lest, ajoutant un «enseignement de complément» facultatif (une heure par semaine en cinquième puis deux heures en quatrième et troisième), ce qui n’avait pas suffi.

M. Le Foll a réfuté toute idée de détricotage de la réforme après la saisine du CSP et avant une grève prévue le 19 mai à l’appel de syndicats qui représentent 80% des enseignants.

«On ne demande pas le retrait de la réforme comme certains, mais la reprise des négociations», a souligné Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, qui s’attend à une très forte mobilisation mardi.

«La ministre de l’Éducation a annoncé que la question du latin et du grec allait être reprise: victoire!» a réagi le président du MoDem François Bayrou, qui avait qualifié d’»attentat» la suppression de ces options. Il a salué «la mobilisation tous azimuts, d’intellectuels, d’écrivains, d’hommes publics».

Le vice-président de la Coordination nationale des associations régionales d’enseignants de langues anciennes (Cnarela) François Martin s’est lui dit «content» de ce «premier pas» mais demande que des heures soient spécifiquement fléchées vers leur enseignement.

Jusque-là, le CSP n’avait été saisi que sur les enseignements obligatoires, a précisé à l’AFP son président Michel Lussault. «Il y a trois ou quatre semaines, la question du latin et du grec n’avait pas tendu les débats autant que ces derniers jours. Je pense qu’il y a là une prise en compte par le ministère de la nécessité de trouver des voies de discussion et l’appel au CSP est plutôt judicieux», a-t-il estimé. D’autant qu’il faut «inventer une nouvelle manière de concevoir l’enseignement des lettres et des civilisations antiques».

Actuellement, 20% des collégiens optent pour le latin en cinquième, mais moins de 5% le poursuivent au lycée. Seuls 2% choisissent le grec en troisième et 1% le continuent ensuite.

 



Portrait de Anonymes
Anonymes a répondu au sujet : #479 il y a 2 ans 3 mois
Il le faut encore plus quand, on croit que les professeurs en sont restés aux années 50 ! Combien d membres du CSE et du CSP ont regardé des manuels récents ou assisté à une séance d'enseignement avant de déclarer que tout est sclérosé en un vieux ronron endormant ? Croit-on qu'il y aurait encore 20% de latinistes s'il en était ainsi ?