13 mai 2015

Dans "Ouest France" : "Comment sont enseignées les langues étrangères dans l'UE ?"

Extrait :

Quid du latin et du grec anciens?

En Belgique, l’enseignement du latin est obligatoire à l’entrée du lycée, en première secondaire (l’équivalent de la 5e française°. Ensuite, il devient optionnel à l’exception de certaines sections. En section « maths et latin », par exemple, l’apprentissage du latin est obligatoire jusqu’à la fin du cycle secondaire.

En Grèce, le latin n’est pas enseigné à l’exception de la terminale pour les élèves qui ont opté pour l’option littéraire. Le grec ancien est, lui, enseigné dès le collège dans le cadre de la traduction de textes anciens (au moins deux heures hebdomadaires). Au lycée, en seconde, l’enseignement du grec ancien s’étoffe et s’étale sur cinq heures hebdomadaires.

En Suède, les élèves peuvent choisir d'apprendre le latin ou le grec au lycée. Mais ils sont assez rares à choisir d'étudier ces deux langues anciennes, dont l'enseignement est optionnel et disponible seulement dans certains programmes dits « « humanistes ».

En Allemagne, l’enseignement du latin reste important. Il est, dans la grande majorité des cas, optionnel et débute le plus souvent en 6e ou en 7e classe (équivalent de la 6e ou 5e). Avec 710 000 élèves pour l’année 2013-2014, le latin constitue toujours la troisième langue apprise, après l’anglais et le français. Un important argument en faveur du latin : certains cursus universitaires demandent encore un certificat de connaissances en latin, comme c’est le cas pour le droit, la médecine ou encore l’enseignement.

Mais il existe d’importantes disparités régionales : plus de 40% des élèves en Bavière apprennent le latin alors que d’autres Länder, comme la Saxe-Anhalt, sont plus proches de 15%. Les chiffres actuels du latin, qui avaient connu un rebond ces derniers temps, étaient en légère baisse l’année dernière, tout comme ceux du grec ancien. Il n’y a plus que 12 000 élèves pour cette langue en Allemagne.

Au Royaume-Uni, l’enseignement du latin reste très peu répandu, même si son apprentissage est redevenu à la mode depuis quelques années. En 2014, le latin était enseigné dans 1 200 écoles secondaires britanniques. Mais seuls 1 500 élèves avaient présenté cette matière au bac. A l’université, seuls 400 étudiants ont poursuivi son apprentissage.



Portrait de Minerve
Minerve a répondu au sujet : #454 il y a 2 ans 5 mois
La réforme remettant le latin à l'honneur, au même titre que les langues étrangères, dès l'âge de sept ans, date de 2010 : pas étonnant qu'il y ait peu de lycéens et encore moins de bacheliers latinistes, après des années d'économies budgétaires ayant notamment mené à sacrifier l'enseignement des langues anciennes!
En revanche, dans les écoles primaires, le latin connaît un réel succès, comme en témoigne d'ailleurs l'intérêt des éditeurs britanniques.
En Grèce, il convient de souligner que, sauf s'il y a eu une réforme dont j'ignorerais l'existence, l'enseignement du grec ancien est obligatoire pendant plusieurs années. Peut-on s'étonner qu'il y soit préféré au latin?
Il est dommage de ne pas préciser l'horaire consacré à l'apprentissage des langues anciennes, mais seulement les niveaux concernés dans plusieurs pays : si une langue n'est pas enseignée au collège mais qu'on lui consacre cinq heures hebdomadaires au lycée par exemple, cela n'a plus rien à voir avec le fait de négliger son enseignement!
Je rappelle qu'en Italie, l'enseignement du latin concerne 40% de la population... Et que deux universités y dispensent des cours en latin!