4 mai 2015

Dans "Le Figaro" Stephan Martens, ancien recteur : "Réforme du collège : «comment se taire quand on voit un projet qui nivelle vers le bas ?»"

 

Extrait :

Universitaire spécialiste de l'Allemagne et ancien recteur, je ne peux rester indifférent au projet de réforme des programmes et des enseignements en collège. Je ne suis pas le premier à le dénoncer, mais comment se taire quand on voit un projet qui nivelle vers le bas, qui supprime l'enseignement des humanités et s'en prend par exemple, à l'enseignement du latin, du grec et des langues vivantes étrangères, l'allemand prioritairement?

[...]

À l'âge de l'information surabondante, des réseaux sociaux et du nouvel entreprenariat, jamais le «facteur humain» n'a autant pesé; ce qui fait la différence dans la mondialisation polycentrique en émergence, c'est le fait de posséder une ou plusieurs langues étrangères en plus de l'anglais. Et l'éducation à la citoyenneté se fait aussi par l'apprentissage des humanités, par la connaissance du monde de l'antiquité qui nous éclaire sur d'inutiles clivages et permet aux élèves d'appréhender autrement le monde actuel, en développant leur esprit critique, les valeurs de solidarité et de fraternité, en les rendant plus aptes à se défendre contre tout embrigadement. Voulons-nous donc, en tuant les humanités, accentuer la coupure entre une France bien intégrée à la mondialisation et une France larguée?