4 mai 2015

"Les Echos" : "Les langues vivantes et anciennes font polémique" par Marie-Christine Corbier.

 

Les langues vivantes et anciennes font polémique

Associations d'enseignants, hommes politiques de droite et de gauche : les critiques contre la réforme viennent de tous horizons.

L'allemand

La réforme du collège supprime les classes bilangues au motif qu'elles nourrissent l'élitisme et creusent les inégalités au collège. Les professeurs d'allemand y voient un risque pour l'apprentissage de cette langue. L'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault a fait part de son « inquiétude », et 60 députés de tous bords ont embrayé sur le même thème. Les autorités allemandes sont montées au créneau. « Nous avançons d'un an l'apprentissage de la deuxième langue vivante pour tous les collégiens, l'allemand va évidemment en bénéficier », rétorque Najat Vallaud-Belkacem. Au contraire, « l'allemand va évidemment en pâtir puisque, si on supprime les classes bilangues, on supprime des projets qui vont au-delà des questions de connaissance du voisin », estimait jeudi dernier, sur Europe 1, Jean-Michel Blanquer, l'ex-directeur général de l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy. La critique fait bondir un haut responsable : « On nous dit qu'on tue l'allemand alors que 240 professeurs d'allemand partent à la retraite et qu'on ouvre 500 postes aux concours, soit 300 recrutements en plus ! » Et d'ajouter : « Et l'Allemagne vient nous faire la leçon, alors qu'il y a moins d'élèves qui apprennent le français en primaire en Allemagne que d'élèves qui apprennent l'allemand en France ! »

Les langues anciennes

Najat Vallaud-Belkacem se défend de vouloir supprimer le latin et le grec. La ministre veut que ces options soient accessibles à tous dans le cadre des nouveaux enseignements pratiques interdisciplinaires pour une initiation aux langues anciennes. Ceux qui le souhaitent pourront bénéficier d'un « enseignement de complément ».

La lutte contre les inégalités

C'est le leitmotiv de la ministre. pour qui « le collège mérite d'être rénové car il aggrave les inégalités ». Jean-Michel Blanquer accuse Najat Vallaud-Belkacem de faire preuve d' « idéologie égalitariste ». L'ancien recteur de Créteil assure que « ce n'est pas vrai » de dire que les options latin et grec sont réservées aux enfants favorisés. De leur côté, les syndicats contestataires redoutent que la réforme ne renforce les différences entre établissements via l'autonomie qui leur est laissée. A gauche, sous couvert d'anonymat, un très bon connaisseur du dossier attaque la réforme frontalement : « Les Français sont nuls en anglais. Or, les élèves vont commencer plus tôt la deuxième langue et on minore le temps consacré à la première. » Sans compter, ajoute-t-il, que « la réforme va renforcer les stratégies de sélection via le choix des langues puisque les élèves pourront faire du russe ou du chinois dès la classe de cinquième, donc un an plus tôt ». Pour cette même source, « il n'y a pas de bénéfice en termes d'enseignement des langues, en revanche il y a des risques d'augmentation des inégalités ». Après Jean-Marc Ayrault sur l'allemand, c'est une autre critique sévère qui vient du propre camp politique de la ministre.



Portrait de VIRGINIEPFEIFER
VIRGINIEPFEIFER a répondu au sujet : #243 il y a 2 ans 5 mois
Pour répondre à l'infographie de la ministre : www.najat-vallaud-belkacem.com/

CE SITE QUI VIENT DE NAITRE : merci de m'aider à l'améliorer :
www.reforme-college-desintox.com/
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #247 il y a 2 ans 5 mois
Un site promis à beaucoup de travail !

Pour "Les Echos", voir aussi : www.lesechos.fr/journal20150504/lec1_fra...-reforme-1116399.php