28 avril 2015

Régis Debray sur "France Inter" : "Pour ceux qui n’ont que l’école pour apprendre, celle-ci doit leur en donner les moyens"

 

Compte-rendu dans dans "Le Point" du même jour : "Réforme du collège : Régis Debray contre "l'école Nutella""

Extrait :

Mais Régis Debray entend "voler" avec "deux idées simples" vers ce "domaine compliqué" qu'est l'école : l'effort de l'élève et l'autorité du maître. L'effort ? "On l'admet pour le sport, note l'essayiste. Point de 100 mètres en 12 secondes sans "exercices, répétition, persévérance". Réactionnaire ? Non, affirme-t-il en soulignant qu'"effort et travail sont des valeurs de gauche". Et de défendre "l'excellence", mise à mal par une réforme qui s'en prend aux langues anciennes et aux autres langues que l'anglais.

C'est en vain que Patrick Cohen lui objecte que le latin ne concerne au collège que 20 % des élèves, et qu'ils ne sont plus que 5 % au lycée. La ministre a, quant à elle, souligné que l'accès au latin, sous la forme d'un enseignement interdisciplinaire, sera offert à tous les collégiens à partir de la cinquième. Elle y a ajouté, sous la pression des défenseurs des langues anciennes, un enseignement optionnel de la langue proprement dite, d'une heure en cinquième et de deux heures en quatrième et en troisième. Mais ça ne semble pas suffisant à Régis Debray qui craint que les parents d'élèves ne se tournent vers l'enseignement privé. Y compris "les pauvres". "Pour ceux qui n'ont que l'école pour apprendre, l'école doit leur en donner les moyens", clame-t-il.