27 avril 2015

Dans "VousNousIls", Christophe Chartreux, grand défenseur de la réforme du collège 2016 : "Réforme du collège : "les EPI ont vocation à former des élèves humanistes".

Christophe Chartreux sur Twitter : @Profencampagne

Extrait :

Estimez-vous que la réforme du collège menace les langues anciennes ?

Non ! Absolument pas ! On a tout lu, tout entendu à ce sujet. Je ne vais pas revenir sur les incroyables prédictions qui ne sont, tout le monde l’a parfaitement compris, que des stratégies destinées à détourner la réforme, à la caricaturer, à en faire un repoussoir aux yeux des parents. A maintenir aussi, il faut le dire, des matières optionnelles souvent – pas toujours car nos collègues de Lettres Classiques ont compris le danger en voyant fondre leurs effectifs année après année – choisies par stratégie familiale. Une anecdote en passant. C’était en 6è il y a quelques jours :

L’élève : « Monsieur, c’est bien le latin en 5è ? Je peux en faire ?

Moi : Bien entendu. Si tu en as envie !

L’élève : Non mais ce n’est pas ça. Il parait que ça donne des points en plus au BAC. »

Edifiant… En 6è !…

La menace sur les langues anciennes existe depuis bien longtemps. Ce n’est pas cette réforme qui met en danger les langues anciennes. Bien au contraire, elle va tenter, par d’autres biais d’enrayer la déperdition en effectifs redoutée chaque année par nos collègues. Et la déperdition au fil des années de la scolarité : 20% de latinistes en 5è, 5% en seconde; 1% après le BAC ! Ce sont des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

La réforme veut ouvrir le latin à plus d’élèves avec d’autres pratiques. Langues et civilisations continueront d’être enseignées ! Comment peut-on NE PAS s’en réjouir ?

Pour rappel :

  • Langues et Culture de l’Antiquité (LCA), de la 5ème à la 3ème sont destinés aux élèves volontaires, qui bénéficieront de 5 heures de plus pendant leur scolarité collégienne.
  • Des EPI « Langues et Cultures de l’Antiquité » pourront être organisés pour TOUS les élèves. La langue latine n’est en aucun cas sacrifiée. Je dirai même qu’elle est revivifiée ! Elle en avait urgemment besoin !

Certes, la réforme réduit ce que l’on appelle les enseignements optionnels mais elle augmente les moyens complémentaires désormais mis au service de tous. Dans ce « tous » il y a les plus en difficultés.

L’option facultative latin (8 heures) devient un enseignement de complément (5 heures). Mais cet enseignement est destiné à un nombre d’élèves beaucoup plus important ! Allez rêvons un peu : à tout un établissement !

Dans ces conditions, parler de disparition des langues anciennes est plus qu’exagéré !

 

 

 



Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #173 il y a 2 ans 3 mois
On se demande ce qui donne sa légitimité à Christophe Chartreux pour évoquer les langues anciennes, dont il connaît assez mal les tenants et les aboutissants...

Non ! Absolument pas ! On a tout lu, tout entendu à ce sujet. Je ne vais pas revenir sur les incroyables prédictions qui ne sont, tout le monde l’a parfaitement compris, que des stratégies destinées à détourner la réforme, à la caricaturer, à en faire un repoussoir aux yeux des parents.

La caricature, c'est surtout d'oublier de rappeler que le sort réservé aux langues anciennes a beaucoup évolué depuis le 11 mars... Christophe Chartreux est surtout inquiet pour cette réforme qui correspond à ses convictions idéologiques.

En réalité, le sort réservé aux langues anciennes est assez symbolique de l'objectif de cette "réforme" : non pas faire de la pédagogie, mais des économies.

A maintenir aussi, il faut le dire, des matières optionnelles souvent – pas toujours car nos collègues de Lettres Classiques ont compris le danger en voyant fondre leurs effectifs année après année – choisies par stratégie familiale.

Ces effectifs ont tellement fondu qu'il y a un demi-million de latinistes et d'hellénistes en France : c'est presque un miracle...

On notera la sympathique accusation méprisante de corporatisme dans le propos de Christophe Chartreux, qui suppose que les professeurs de lettres classiques défendent leur métier, et non des langues qu'ils veulent transmettre. A la vérité, les professeurs de lettres classiques ne défendent pas leurs postes, puisqu'ils enseignent également le français, mais des disciplines qui leur ont donné la vocation d'enseigner.

Une anecdote en passant. C’était en 6è il y a quelques jours :
L’élève : « Monsieur, c’est bien le latin en 5è ? Je peux en faire ?
Moi : Bien entendu. Si tu en as envie !
L’élève : Non mais ce n’est pas ça. Il parait que ça donne des points en plus au BAC. »
Edifiant… En 6è !…

Le but de Christophe Chartreux : dénoncer le consumérisme supposé des langues anciennes. C'est pourtant contradictoire avec son autre argument : celui de la déperdition des langues anciennes jusqu'au baccalauréat, déperdition dont il ne donne aucune explication. Christophe Chartreux oublie d'ailleurs de préciser que ces points au bac sont purement honorifiques, puisque l'affectation post-bac se détermine au cours de l'année de terminale.

La menace sur les langues anciennes existe depuis bien longtemps.

Depuis que les langues anciennes ont été réduites à l'état d'options... Et, plus récemment, que les rectorats refusent des ouvertures de section ou fixent des effectifs minimum (souvent difficiles à atteindre dans les collèges défavorisés).

Ce n’est pas cette réforme qui met en danger les langues anciennes.

Ben voyons ! Christophe Chartreux se fait le VRP de la réforme ici, reprenant presque terme à terme l'argumentaire ministériel.

Bien au contraire, elle va tenter, par d’autres biais d’enrayer la déperdition en effectifs redoutée chaque année par nos collègues. Et la déperdition au fil des années de la scolarité : 20% de latinistes en 5è, 5% en seconde; 1% après le BAC ! Ce sont des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

Aucun début d'analyse ici. Rendons une autre matière optionnelle et observons ce qui se passe...

La réforme veut ouvrir le latin à plus d’élèves avec d’autres pratiques.

Imposer d'autres pratiques, plus exactement, et conformes à ses convictions pédagogistes : l'interdisciplinarité et la pédagogie de projet.

Langues et civilisations continueront d’être enseignées ! Comment peut-on NE PAS s’en réjouir ?

Parce que c'est tout simplement faux...

Pour rappel :
Langues et Culture de l’Antiquité (LCA), de la 5ème à la 3ème sont destinés aux élèves volontaires, qui bénéficieront de 5 heures de plus pendant leur scolarité collégienne.

Il doit s'agir de l'"enseignement de complément", avec un horaire amputé de trois heures, non garanti ("dans la limite") et une existence elle-même non garantie. "Comment peut-on NE PAS s'en réjouir ?"

Des EPI « Langues et Cultures de l’Antiquité » pourront être organisés pour TOUS les élèves.

Non ; les établissement doivent proposer six EPI sur les huit possibles : rien ne garantit que l'EPI LCA sera donc proposé partout...

La langue latine n’est en aucun cas sacrifiée. Je dirai même qu’elle est revivifiée !

Surtout qu'elle ne pourra pas être enseignée dans un EPI sans retrancher à une autre discipline... Christophe Chartreux n'a visiblement toujours pas compris le principe des EPI.

Ajoutons qu'il n'y aura pas d'histoire non plus, le programme de cycle 4 n'abordant pas l'antiquité. Un enseignement "revivifié" !

Elle en avait urgemment besoin ! Certes, la réforme réduit ce que l’on appelle les enseignements optionnels mais elle augmente les moyens complémentaires désormais mis au service de tous.

Ben non : l'EPI LCA, c'est une heure pendant un an, voire pendant un trimestre...

Dans ce « tous » il y a les plus en difficultés.

Qui seront désormais privés de langues anciennes : les établissements défavorisés préferont mettre en place des groupes de soutien pour tous que des heures de latin pour quelques-uns.

L’option facultative latin (8 heures) devient un enseignement de complément (5 heures). Mais cet enseignement est destiné à un nombre d’élèves beaucoup plus important !

On se demande bien pourquoi... Christophe Chartreux confond visiblement l'EPI LCA et l'enseignement de complément.

Allez rêvons un peu : à tout un établissement !

En supprimant donc tous les petits groupes pour chaque classe ?

Dans ces conditions, parler de disparition des langues anciennes est plus qu’exagéré !

Réjouissez-vous, disent les chrétiens à la mort de l'un des leurs.
Portrait de Loys
Loys a répondu au sujet : #174 il y a 2 ans 3 mois
Mon commentaire à la suite de l'article :

Christophe Chartreux, en bon sapeur-pompier de la réforme du collège 2016, reprend l'argumentaire ministériel et instruit donc le procès de ses collègues de lettres classiques tout en célébrant la chance que constitue cette "réforme" pour les langues anciennes, se réjouissant comme le font les chrétiens à la mort de l'un d'entre eux.

En réalité, son manque de légitimité pour aborder cette question se trahit par une ignorance visible des enjeux précis de la réforme pour les langues anciennes : Christophe Chartreux n'a pas compris que l'enseignement pratique interdisciplinaire "Langues et cultures de l'antiquité" ne concernerait pas tous les élèves, qu'il ne serait que d'une heure pendant un an (voire pendant un semestre) mais surtout qu'il ne permettrait d'enseigner ni les langues anciennes à proprement parler (ou alors en retirant à d'autres disciplines) ni même l'histoire antique : le programme d'histoire du cycle 4 exclut l'antiquité... Quant aux "enseignements de complément", les anciennes options qui n'en ont plus le nom, ils ne concerneront pas tous les élèves, leur horaire amputé ne sera pas garanti, non plus que leur existence même puisque les établissements devront choisir entre les petits groupes pour tous les élèves et les langues anciennes pour quelques uns.

Une pétition défendant les langues anciennes a déjà réuni plus de 40.000 soutiens.

Portrait de Candide
Candide a répondu au sujet : #180 il y a 2 ans 3 mois
Ça change tout ! Restreindre les horaires d’enseignements devenus aléatoires parce que « de complément », faire perdre au Latin et au Grec leur statut de discipline à part entière pour n’offrir qu’un vernis à ceux dont les collèges choisiront les LCA parmi les EPI proposés, c’est « renforcer » l’étude des langues anciennes… Remplacer des options proposées à tous chaque fois que possible par des enseignements de complément dont la matérialisation sera laissée à la discrétion des chefs d’établissement, c’est être plus juste en donnant à tous ce qui ne profitait qu’à une minorité.
La ministre l’avait déjà dit mais cela paraissait une boutade née de son sens de la répartie. Eh bien non, il faut prendre cela au sérieux, au pied de la lettre. Alors, reportons-nous aux textes et déclarations officielles. A dire le vrai, ce qui en ressort n’est pas une mise à mort spectaculaire et immédiate ; en revanche, c’est bien une accélération programmée du déclin entamé, un accompagnement de la mort annoncée !
Le fait que l’EPI LCA soir proposé à tous les collèges pourrait représenter un certain « renforcement » des langues anciennes. A condition que cet EPI soit choisi par tous et comporte un véritable enseignement des langues en tant que telles. Mais, en l’état actuel du projet ce lot de consolation constituera au mieux, une fausse stabilisation du latin. Car, compte tenu des horaires et de la définition même des EPI, l’apprentissage se limitera vraisemblablement à quelques notions d’étymologie ainsi qu’à à une présentation générale de ces langues et de leur structure. Là, le Grec sera favorisé : lire et écrire son alphabet entreront dans les travaux pratiques. Pour le reste, une initiation ne peut porter que sur ce qu’il y a de plus rébarbatif dans ces langues, les déclinaisons et quelques concepts grammaticaux dont l’enseignement du Français fait maintenant l’économie. Conséquence prévisible : les élèves seront moins enclins que jamais à poursuivre.
J’avais sans doute tort de croire que la récompense de l’effort que demandent ces langues était la fréquentation de leurs auteurs par ces traductions qu’un horaire réduit ne permettra guère au collège.
Mais les experts ont parlé de justice et de renforcement, je veux les croire.
L’ennui est qu’un savoir ne se distribue pas comme une denrée de consommation courante ! Que dirait-on d’appliquer ce raisonnement aux langues vivantes, d’affirmer que si tout le monde devient capable de dire « Hallo Baby » et chanter avec l’accent idoine la dernière chanson à la mode, ce sera mieux, parce que plus « juste » que de n’avoir qu’une minorité d’élèves qui, après leur brevet pourront se débrouiller en arrivant en Angleterre ? Est-ce vraiment ce genre de réponse qu’il fallait apporter à l’enquête PISA ? Une aide systématique aux décrocheurs n’aurait-elle pas mieux permis d’égaliser les chances ?
C’était mieux, mais plus cher ? Autant pour l’effort massif sur l’Education.
Lorsqu’on vient d’en rire ….
Candide