Imprimer

18 avril 2014

Marie-Caroline Missir de "L'Express" sur son blog : "Collège et programmes: les trois failles d’une réforme"

 

Extrait :

Enfin sur le fond, le conseil supérieur des programmes compte suffisamment d’experts des questions pédagogiques pour que leur travail ne soit pas condamné dans un mouvement unanime. Il me semble que les principes qui y ont présidé : valorisation des compétences, lisibilité et interdisciplinarité ne sont pas mauvais. Mais le résultat est-il à la hauteur de ces objectifs? Et surtout la notion de programmes a-t-elle encore un sens au vu des inégalités de plus en plus criantes du système éducatif? Il est en effet peu probable que ces programmes soient enseignés dans les mêmes conditions à Montfermeil et à Henri IV. Tout le monde le sait et joue la pantomime de l’égalitarisme….Alors pourquoi ne pas alléger significativement les programmes pour laisser aux chefs d’établissement et à leurs équipes plus d’autonomie et plus de liberté pour mener des projets en fonction des élèves qu’ils accueillent? De ce seul point de vue, la part d’autonomie laissée aux établissements dans la réforme est un signe, timide certes, mais plus important je crois que le latin, les classes bilangues et les décomptes d’heures par disciplines.

Nb: Latiniste et helléniste, je déplore à titre personnelle la diminution de l’apprentissage de la langue latine au profit d’un enseignement de la culture latine. Mais je ne suis pas convaincue que l’enjeu de la réforme du collège se situe à ce niveau.