11 avril 2015

"Le Point" : "Bayrou tacle la réforme du collège"

Bayrou tacle la réforme du collège

Le président du MoDem François Bayrou a critiqué, ce samedi, la "suppression" des langues anciennes dans la réforme des collèges prévue pour 2016

Le président du MoDem François Bayrou n'a pas mâché ses mots concernant la réforme des collèges. Elle risque, selon lui, de "ruiner" l'éducation nationale, critiquant la "suppression" des langues anciennes, le latin et le grec. "Alors que l'État se drape de la toge de ceux qui veulent défendre les plus défavorisés, il dénigre nos principes républicains", a dénoncé le maire de Pau, estimant que "ceux qui parlent de reconstruire l'éducation nationale, hélas, sont en train de la ruiner".

"Supprimer les langues anciennes, la formation humaniste, la tradition classique du latin et du grec, c'est un déni de politique sociale", s'indigne-t-il dans une déclaration à l'AFP. "Ce qui se joue en ce moment est une question de respect de l'égalité des chances", ajoute-t-il. Pour François Bayrou, "la suppression des sections bilingues, européennes et internationales participe du même mouvement". La "langue est un puissant vecteur de rayonnement, d'égalité et de paix dans la société", fait-il valoir.

Les langues anciennes seront une option

Le projet de réforme du collège pour 2016 a passé vendredi un premier cap, recevant l'avis favorable du Conseil supérieur de l'éducation (CSE), une instance consultative. Il prévoit d'avancer d'un an, en cinquième, l'apprentissage de la deuxième langue vivante. Parallèlement sont supprimées la plupart des classes bilangues (deux langues dès la sixième) et les sections européennes.

Les langues anciennes, latin et grec, ne seront plus qu'une option, perspective qui fait craindre leur disparition à des associations d'enseignants. Elles seront enseignées via un enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) langues et cultures de l'Antiquité et un "enseignement de complément".

Ces langues "ne perdront pas d'heures", a toutefois assuré la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem.