4 septembre 2018

Dans "L'Etudiant", cette information qui, comme nous le craignions, relativise la portée de la création de la spécialité LCA : "Réforme du lycée : un choix de spécialités plus restreint que prévu".

 

Extrait :

Il y a plusieurs mois, le ministre avait évoqué sa volonté de proposer un choix qui serait "le plus large possible". Or, une note de service de la direction générale de l'enseignement scolaire que s'est procurée l'Etudiant semble réduire le champ des possibles des élèves.

Le document s'adresse aux recteurs, qui déterminent l'offre de formation de leur académie. Il indique qu'ils doivent "veiller à l'équilibre et à la bonne répartition des spécialités dans le cadre géographique adapté au territoire". Ce "cadre" peut être "un réseau de lycées, un bassin de formation, un secteur géographique".
Concrètement, cela signifie que les 12 spécialités ne seront pas proposées dans votre lycée mais dans un territoire plus large. "C'est déjà le cas actuellement. On ne trouve pas l'option art partout, par exemple", justifie Jean-Marc Huart, le Dgesco (directeur général de l'enseignement scolaire). Mais l'objectif de la réforme était justement que les élèves puissent opter pour les spécialités de leur choix.

5 spécialités sur 12 seront rares

Chaque lycée n'aura donc pas l'obligation de proposer un nombre minimum de spécialités. Le document indique que sept spécialités sur 12 "doivent pouvoir être accessibles dans un périmètre raisonnable", autrement dit au sein d'un réseau d'établissements ou d'un bassin, et pas forcément d'un lycée. Il s'agit de : histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; humanités, littérature et philosophie ; langues, littératures et cultures étrangères ; mathématiques ; physique-chimie ; SVT ; SES. 

La majorité des lycées devrait pouvoir proposer ces sept matières. Dans le cas contraire, il est précisé que deux lycées voisins peuvent, à eux deux, proposer ces sept disciplines. Vous suivriez alors des cours dans deux établissements différents. La note précise que, "à titre exceptionnel", lorsque la spécialité souhaitée n'est pas proposée dans un lycée, les élèves pourraient la suivre dans un autre lycéeou demander à changer de lycée. Et de préciser également qu'il sera possible de suivre une spécialité "par le biais du CNED [Centre national de l'enseignement à distance]".

Changer de lycée pour faire arts ou numérique ?

Mais quid des cinq autres ? Arts, littérature et LCA, numérique et sciences informatiques, et sciences de l'ingénieur "feront l'objet d'une carte académique, voire nationale". La spécialité biologie-écologie, elle, ne sera proposée que dans les lycées agricoles. Conséquence : si vous souhaitez suivre une ou plusieurs de ces cinq spécialités, il faudra sans doute vous diriger vers un lycée qui se trouve ailleurs dans votre académie, voire dans une autre région.